Le scandale de la liquidation de 60 millions de consommateurs

Chère lectrice, cher lecteur,

Je veux avant tout vous souhaiter une année merveilleuse, j’espère qu’elle sera à la hauteur de vos attentes.

C’est l’occasion pour moi de revenir sur la raison même de mon engagement, et l’actualité m’y invite.

En effet, depuis plus de 10 ans, l’État ne cesse de réduire les subventions qu’il attribuait à l’INC, l’Institut national de la consommation, lequel finançait le magazine 60 millions de consommateurs.

En 2012, la dotation était de 6,3 millions d’euros. En 2020, elle était de 2,7 millions d’euros. La dernière loi de finances consiste purement et simplement dans la liquidation de l’INC.

C’est donc la fin de cet organe de presse pourtant central pour toute critique conso.

C’est bien normal : en général, la presse subventionnée sert la soupe du gouvernement lors des évènements les plus graves, comme la tentative de coup d’État sanitaire que fut la pandémie.

Par conséquent, il n’y a guère à s’étonner de la liquidation d’un acteur aussi important que 60 millions de consommateurs.

Le contraire eut été renversant

Ce qui est plus étonnant, c’est que le gouvernement ait décidé de soutenir aussi longtemps un tel fleuron de notre esprit critique.

En effet, il ne vous aura pas échappé que, si les services publics fonctionnent si mal désormais, c’est toujours pour servir de prétexte à leur privatisation depuis au moins 20 ans.

En un mot comme en cent : l’État nous prouve là encore sa malfaisance caractéristique, qui est devenue la norme depuis le traité de Lisbonne au moins, lequel a trahi le vote des Français contre la constitution européenne, en 2005.

Depuis cette époque, on ne gouverne plus pour les Français, mais contre eux.

Toutefois, cette liquidation d’un des acteurs critiques de la consommation traduit deux orientations de fond qu’il est essentiel de mettre en lumière. Mais pour bien les comprendre, je vais devoir faire un petit détour philosophique.

La fabrique du consommateur

Comme l’illustre l’ouvrage d’Anthony Galluzzo, qui porte le nom de Fabrique du consommateur, il a fallu longtemps pour changer les mentalités et acclimater les individus que nous sommes à devenir des consommateurs.

C’est une longue histoire qui commence, au moins, à l’époque des Grands Magasins, à la fin du XIXème siècle, ce que les historiens appellent la deuxième révolution industrielle.

Celle qui vit l’essor du confort moderne, de la voiture, de la radio, du gaz, de l’eau courante…

Dès cette époque se mirent en place les magazines, les catalogues, le shopping, mais aussi des attitudes bien caractéristiques de ce que Jean Baudrillard analysa dans son ouvrage La société de consommation, publié en 1970.  

En somme, nous avons été conditionnés à nous définir par les signes de modernité que sont les objets que nous consommons.

D’où l’importance symbolique qualitative des marques. D’où aussi, la fascination (et le dégoût) pour la technologie, garantie d’une modernité toujours renouvelée.

Cependant, puisque la société de consommation consiste pour l’individu à se distinguer de son voisin, cette distinction n’implique pas une adhésion sans réserve à la nouveauté. Elle implique aussi un esprit critique.

Et c’est aujourd’hui cet esprit critique dont l’État français veut désormais étouffer la flamme.

La critique conso : un enjeu central

Cet esprit critique est plus que jamais nécessaire pour conserver la santé de la population et maximiser sa satisfaction.  

Pourquoi ? Parce que les industriels ont naturellement tendance à s’entendre pour faire un maximum de bénéfices en rognant le plus possible sur la qualité.

Intellectuellement, la France reste le pôle de cet esprit critique : c’est là que l’on retrouve l’esprit français : une consommation de qualité, la plus démocratique possible.

D’ailleurs, la plupart des penseurs de la consommation sont français de Guy Debord à Galluzzo que j’ai précédemment cité.

Cependant, cette pensée critique n’est pas non plus étrangère à des pays qui ont mis la qualité de leur production industrielle en avant, comme l’Allemagne, le Japon ou l’Italie, pays qui ont pris leur revanche industrielle après la Seconde Guerre mondiale.

Mais comme vous le savez, cette période est désormais bel et bien finie. Et sa fin a été programmée de longue date.

Exactement de la même façon que les subventions à 60 millions de consommateurs ont commencé à baisser depuis 2012…

Pourquoi veulent-ils votre mal ?

Il est parfois difficile de comprendre, pour des gens qui ont été habitués aux discours des politiques, qu’ils soient désormais aussi profondément malveillants.

Surtout lorsque ces mêmes politiques professent tout le contraire durant les élections, où ils assurent être les gens les mieux intentionnés du monde !

Cependant, vous l’avez vu : les élections elles-mêmes ne sont plus qu’un jeu qui s’inscrit dans le cadre d’une consommation bien réglée, avec un candidat pour lequel il faut voter absolument. Ce n’est pas vraiment ce qui s’appelle un choix.

Car, dès lors qu’il y a un vainqueur désigné, on peut faire avaler ce qu’on veut à la population, au sens propre comme au sens figuré.  

Notamment les pires choix de consommation, qui représentent les plus importants profits pour les industriels qui ont « mis au pot » pour faire élire le candidat désigné comme futur vainqueur.

Surtout, n’instruisez pas la jeunesse

C’est ainsi que nous nous retrouvons depuis 20 ans avec un système éducatif qui élude autant que possible les questions d’économie et de consommation.

Un système éducatif qui baisse sans arrêt en qualité afin de décourager tout esprit critique. C’est la première orientation de fond de nos politiques actuelles.

Car le consommateur sans esprit critique paie énormément pour avoir des produits de mauvaise qualité.

C’est l’autre orientation de fond dont je vous parlais précédemment : vous faire payer un maximum pour une qualité minimum.

Quand vous achetez des mauvaises chaussures, selon un exemple fameux, s’il vous faut les remplacer trois fois parce qu’elles se trouent, vous les aurez payées beaucoup plus cher que des chaussures de bonne qualité.

Et lorsque vous achetez de la nourriture de basse qualité, vous ne vous y retrouvez pas sur les nutriments, vous ingérez beaucoup de produits toxiques sur le long terme, et votre santé en paie le coût à un moment ou à un autre.

Cette grande cause du XXIème siècle : c’est la vôtre 

Voilà pourquoi la critique conso est absolument nécessaire, et c’est même le combat le plus démocratique de notre siècle.

En fait, il n’y a pas de démocratie sans esprit critique, et pas d’esprit critique s’il n’est pas appliqué à tous ces objets d’usage indispensable : ce qu’est la conso.

Au moins, le gouvernement a clarifié les choses : il est l’adversaire de cet esprit démocratique qu’est la critique conso.

Il se fait dès lors l’adversaire résolu et implacable de votre santé et de celle des gens que vous aimez.

Une raison de plus pour privilégier notre lettre d’information 100% indépendante, qui ose « dire les termes », c’est-à-dire analyser les choses telles qu’elles sont vraiment.

N’hésitez donc pas à « partager » cette lettre avec les gens qui vous entourent. Qu’ils l’apprécient ou pas, cela leur donnera matière à réfléchir.

Au plaisir de lire votre avis,

Louis Volta

Inscrivez vous à La Lettre Santé Conso

Et recevez gratuitement votre dossier Les compléments alimentaires qui guérrissent

En cliquant ci-dessus, je m’inscris à La Lettre Santé Conso

Votre adresse email restera strictement confidentielle et ne sera jamais échangée. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment. Consultez notre politique de confidentialité

D'autres articles à lire

Laisser un commentaire

Vous souhaitez commenter ce sujet ? Rien de plus simple : indiquez simplement votre nom, aucun e-mail ou inscription nécessaire.

Nous attendons vos commentaires avec impatience !

guest

15 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires
Brigitte MARTIN
Brigitte MARTIN
il y a 8 heures

C’est parfaitement SCANDALEUX!!! Heureusement que vous êtes là pour nous apprendre ce genre de chose, car même si je reconnais que j’achète rarement ce magazine (sauf quand certains articles m’intéressent), il est d’utilité publique!!! Décidément, vivement les élections pour que l’on se débarrasse de ce gouvernement de nuisibles, qui ne pense à aller à la gamelle! Peut-être devrait-on leur rappeler que nous les payons avec nos impôts et que nous, consommateurs, sommes aussi les acteurs de l’économie – et que, par conséquent, nous avons le droit le plus strict et absolu d’être informés, surtout lorsque cela concerne nos achats, qu’ils soient d’ordre alimentaire ou autres!!! Révoltons-nous TOUS, avec les agriculteurs et les industriels – ils seront bien obligés de faire marche arrière!!!

JP LAPIQUE
JP LAPIQUE
il y a 14 heures

La défense des consommateurs n’est clairement plus la priorité du pouvoir.
Quel triste monde…
Et ce sera pire encore après les élections de 2027!

JEAN
JEAN
il y a 21 heures

Très bon article tellement vrai !
Il est désolant de voir l’effondrement de la France, et par là même l’altération de l’esprit et la pensée française, par un groupe d’individus assoiffé de pouvoir et d’argent… A quand le réveil du peuple français ?

Jeanne du Sud,ex scientifique.
Jeanne du Sud,ex scientifique.
il y a 1 jour

Merci pour cet article si bien documenté,écrit posément,sans hargne primaire.
Continuez ainsi.
L ‘esprit critique est devenu si rare.

gilbert
gilbert
il y a 1 jour

Quelle désolation ce pays quand on voit la gabegie qui est faite par ailleurs pour des choses non essentielles ou nocives .
bravo pour votre article.

Vigouroux Nicole
Vigouroux Nicole
il y a 1 jour

Merci pour cette lettre d’infos qui ne me surprend pas mais attise ma colère.
Cette volonté affichée de détruire ce qui a été construit pierre à pierre depuis des décennies est pour moi intolérable.
Étant moi-même un  » produit d’avant guerre  » (88 ans) je ne suis pas une consommatrice alignée sur les pubs et je rêve que les gens de ma génération (enfin ceux et celles qui sont encore là )qui ont connu autre chose éduquent leurs petits enfants.

GUILLAUME
GUILLAUME
il y a 1 jour

Je suis entièrement d’accord avec tous ces commentaires de lucidité et de bon sens.

Bouffin
Bouffin
il y a 1 jour

Cela va déplus en plus dans le même sens
Nous n avons plus le droit de choisir ce qui fait pour chacun de nous le choix et le style de notre vie de notre culture
Nous sommes réglementés arcelés par des normes techniquement et moralement inacceptables
Bien sûr la confiscation de l information et de l enseignement et le renseignement est une forme de pouvoir dominant
C est certain Nous devenons nostalgique quand nous évoquons notre vie des années 70 80
Courage battez vous

MME VOULOIR.
MME VOULOIR.
il y a 1 jour

JE SUIS DE TOUT COEUR AVEC VOUS .

60 MILLIONS DE CONSOMMATEURS EST NECESSAIRE , AINSI QUE TOUT CES GENRES D INFORMATIONS J AVAIS ETE ABONNEE MAIS JE N AI PAS PU CONTINUER , AVEC REGRET .

COURAGE DEVANT CET ECHEC , ESPERONS QUE CE SOIT TEMPORAIRE .

BONNE ANNEE QUAND MËME .

MADY.

GUILLAUME
GUILLAUME
il y a 1 jour

Bonjour. Merci pour vos voeux 2026.
En retour, je vous présente les miens et vous remercie pour votre action indispensable, afin de nous informer objectivement sur tous les produits de consommation. S’il y a certains organismes à supprimer pour faire des économies, il est vital que le vôtre continue à être subventionné ! Cette décision sournoise qui vous pénalise, ainsi que nous consommateurs, n’est pas surprenante en raison de la signature du « Mercosur » malgré notre volonté de rejet.

Fedi
Fedi
il y a 1 jour

Inadmissible, il n’y a plus d’argent pour la France, par contre il y en a pour l’Ukraine et pour les aides sociales que l’on distribue sans conter et sans controle, c’est une honte

KUHLMANN Willi
KUHLMANN Willi
il y a 1 jour

Les écoles de commerce ont-elles instruit le phénomène: d’élever « 100 poules/m2 » ???… une horreur !
La Culture du « moins-cher »: également une horreur à l’égard du producteur !
Quant à moi, j’ai créé une entreprise… et j’ai de suite compris:
« Il ne faut pas aller vendre »… IL FAUT CRÉER LES CONDITIONS afin que le Client VIENNE ACHETER !!!

Gillet Pierre
Gillet Pierre
il y a 1 jour

Entièrement d’accord avec vous. Ce qui n’est malheureusement pas on signe pour l’ avenir!

Betty
Betty
il y a 1 jour

Nous allons irrémédiablement vers une dictature de la pensée – Et oui Mireille le formatage se fait dès la petite enfance car on peut déjà constater que bcp d’enfants n’ont d’empathie pour personne, n’ont plus le courage d’avoir un avis personnel, bien trop influencés par les médias, c’est triste, bien triste.

mireille maurin
mireille maurin
il y a 1 jour

Complètement d’accord , malheureusement le mal a frappé fort déjà ! Lorsqu’on aborde ce sujet avec quelqu’un on vous regarde comme si vous étiez un martien ! Le « formatage » commence très tôt, devant les écrans , la pub , les petits enfants dès le plus jeune âge ! Merci pour ces lettres , très précieuses !

Inscrivez vous à La Lettre Santé Conso

Et recevez gratuitement votre dossier Les compléments alimentaires qui guérrissent

En cliquant ci-dessus, je m’inscris à La Lettre Santé Conso

Votre adresse email restera strictement confidentielle et ne sera jamais échangée. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment. Consultez notre politique de confidentialité