Sur « Insta », j’ai bien failli me faire avoir

Chère lectrice, cher lecteur,

Je dois vous faire une confession gênante : il m’arrive de « traîner » sur Instagram.

Autant Facebook ne suscite plus chez moi que de l’ennui, tant les discours m’y paraissent convenus et compassés, autant sur Instagram, on se laisse facilement emporter par la vivacité des programmes.

Je dois le concéder : chaque fois que je cherche quelque nouveauté musicale ou comique, c’est sur ce réseau que je la trouve…

Quant à dire qu’il s’agit réellement d’un réseau « social », cela me paraît bien abusif : je ne discute pas vraiment dessus — au mieux, je transfère mes trouvailles dans des messages que j’envoie à mes contacts sur d’autres réseaux.

Mais je dois admettre, avec un certain désarroi, que le réseau a bien ciblé mon profil de consommation : les publicités que je reçois sont souvent pertinentes, de même que les recommandations.

Néanmoins…

Il y a quelque temps, je me suis retrouvé devant une publicité pour des vêtements qui me paraissaient bien élégants, et j’étais donc fort intrigué… à tort il faut croire.

J’étais le pigeon parfait

Les photographies étaient très seyantes, et comme je fais du XXL, j’ai beaucoup de mal à trouver, je pense vous l’avoir dit, ma taille en magasin.

Ce qui fait que, malgré moi, je suis contraint d’acheter mes vêtements en ligne, avec bien souvent de mauvaises surprises…

De plus, la marque en question avait usurpé le nom d’un magasin jadis très connu à Paris pour être à l’avant-garde de la mode, et qui, je l’appris par la suite en quelques clics, avait fermé. Ce que j’ignorais…

En somme, j’ai commencé à me rendre sur le site, et puis je vis que l’article que je voulais n’était pas disponible à ma taille. Il me fallait me rabattre sur d’autres.

Cette technique, qui consiste à leurrer le client, est déjà passablement malhonnête. Dans le monde anglo-saxon, c’est même une méthode frauduleuse dûment documentée, appelée bait and switch (« hameçonner-permuter »).

J’ai commencé à me poser quelques questions…

Heureusement qu’ils ont employé ce tour malhonnête, car sinon je ne me serais pas posé la moindre question.

Et par conséquent, j’ai commencé à aller voir si le nom qu’ils portaient correspondait exactement à la marque dont ils se réclamaient.

C’est là que je me suis rendu compte que le magasin fameux, Colette, placé naguère dans la très prestigieuse rue Saint-Honoré à Paris, avait fermé depuis plusieurs années.

Quelques recherches ultérieures, qui me prirent moins de cinq minutes, me renseignèrent : il s’agissait effectivement d’une fraude.

Le nom de la célèbre boutique avait été usurpé et la plupart des clients n’avaient jamais reçu leur commande… Les autres n’avaient reçu que de honteuses contrefaçons qui ne correspondaient pas aux modèles affichés.

Et c’est là qu’on se pose la question : pourquoi Meta, l’entreprise qui détient Facebook et Instagram, laisse-t-elle proliférer de telles arnaques sur ses propres plateformes ?

Car depuis que j’en parle autour de moi, les témoignages de semblables arnaques, en particulier sur Facebook, pleuvent sur moi…

Méta se remplit les poches !

Il se trouve que d’après l’agence Reuters, qui a eu accès aux documents internes de Meta, 10% des revenus de l’entreprise viennent des publicités frauduleuses ![1]

Résultat ? Ils n’ont absolument aucune envie que ça s’arrête ! Et dire qu’ils ont désormais toutes mes coordonnées… Peut-être aussi les vôtres…

Et puis, ça ne représente pas des petites sommes : 13 MILLIARDS d’euros ! Pour 15 milliards d’annonces frauduleuses publiées par jour dans le monde !

Est-ce que Meta a honte ? Vous voulez rire…

Ils classent les fraudes comme « escrocs probables » pour leur faire payer l’affichage des publicités encore plus cher ! Et ils ne les excluent que lorsque ces « clients » sont considérés comme frauduleux avec une certitude de 95%…

En somme, il suffit de quelques faux bons retours clients, mensonges surajoutés à l’escroquerie, pour garder en ligne d’authentiques malfrats !

Meta complice ? C’est encore pire que ça !

Les usagers crédules (comme j’ai pu l’être) qui ont le malheur de cliquer sur une publicité frauduleuse, tendent à en recevoir d’autres…

Ce qui prouve bien que Meta classe d’un côté ses clients selon leur crédulité, de l’autre, les annonces selon leur manque d’honnêteté, avec l’intention de maximiser les revenus frauduleux.

Quant aux amendes que le consortium peut bien recevoir, puisqu’elles restent très inférieures aux revenus que les fraudes lui rapportent, il n’a guère à s’en soucier…

La loi ? La malhonnêteté des procédés ? De simples paramètres, des externalités négatives, au pire, pour notre noble entreprise.

Par conséquent, ne serait-il pas judicieux de songer pour de bon à boycotter ces réseaux sociaux, ou au moins les publicités qu’ils nous envoient ?

C’est sûr, ce serait une excellente idée. Mais où voulez-vous trouver de nouveaux produits émoustillants à acheter ? Où trouver une nouveauté qui vous correspond d’aussi près ?

En somme, même si je ne me suis pas fait avoir par la fraude elle-même, Meta m’a eu. En attendant qu’un autre réseau social lui fasse concurrence, il faut croire…

Quant à attendre que la DGCCRF fasse quelque chose, « faut pas rêver » : ça, c’est seulement pour les petites boîtes…

L’État, si sauvage avec les entreprises françaises, reste toujours très mesuré quand il s’agit de s’en prendre aux grands consortiums numériques américains, les GAFAM et les NATU.

Il faut croire qu’il y a fraude et fraude…

N’hésitez pas à me raconter vos propres expériences dans les commentaires, j’ai hâte de vous lire.

Louis Volta  


Sources [1] Que Choisir, Janvier 2026, p.66

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Betty
Betty
il y a 6 heures

Moi je me suis fait avoir sur le site Isabelle Cuir. J’ai le défaut d’avoir vite de la compassion pour les gens dans le malheur. Elle vendait des sacs à des prix défiant toute concurrence à 45 euros environ au lieu de …. avec 70 % de rabais. Les photos étaient belles, elles montrait une femme d’un certain âge avec des mains abîmées par le travail etc;.. J’ai posé des questions, on me répondait rapidement (une certaine Karla) sans faute d’orthographe si bien que j’ai acheté 2 sacs, pour 84,55 euros les deux. >Je paye avec ma carte bleue et dès le lendemain je vois que la somme a déjà été versée sur un compte à Hong Kong et là je suis allée très vite sur un site où sont répertoriées les arnaques et là j’ai vu que tout était faux, les photos du site réalisées avec l’IA et puis les conditions de vente etc.. J’ai tout de suite envoyé un mail pour leur dire qu’ils étaient des arnaqueurs et que j’annulais l’achat. Vous pensez bien qu’ils n’en ont pas tenu compte, le lendemain j’ai été avertie que les sacs avaient été envoyés. Mon fils a envoyé un mail au site qui les héberge en leur demandant de les supprimer, que nenni, ils n’ont rien fait. Quand à la DGCCRF je ne compte pas sur eux car ils vont me dire que ce n’est pas de leur ressort en sous entendant que j’avais été bien naïve. J’ai reçu les sacs au bout d’un mois d’attente made in China et pas de l’atelier de la vieille dame – ils n’étaient pas en cuir mais en une matière que je ne connais pas J’ai voulu renvoyer les sacs mais c’était à mes frais : 35 euros de frais, j’ai laissé tomber. Alors mes sacs, je les garde pour faire mes emplettes, même s’ils ne sont pas en cuir, ils sont solides. Pour info, on pouvait trouver ces mêmes sacs sur Ali Express et sur Temu à 14 euros environ le sac. Je suis vraiment naïve horriblement naïve.

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