Chère lectrice, cher lecteur,
C’est quelque chose de terrible, quelque chose qui ne devrait pas exister. Et pourtant… vous le voyez au quotidien.
En effet, ce ne sont pas des dealers de drogue qui vont tenter les petits enfants voire même les nouveaux-nés, dès le berceau.
Ce sont des industriels qui rendent vos chères petites têtes blondes accros au sucre dès la petite enfance, sinon dès après le sevrage.
J’avais déjà évoqué le sujet dans ces colonnes, mais je n’avais pas trop insisté, car c’est tellement sordide…
Mais là, pardonnez-moi du peu, c’est le Figaro, le plus vieux quotidien français en activité, qui en a parlé. Et il a même interviewé un chercheur à ce propos du nom d’Anthony Fardet[1].
Autant vous dire que les informations qui en sont ressorties ne sont rien d’autre que glaçantes…
L’ultra-transformation, quézaco ?
Anthony Fardet est revenu sur l’étude publiée dans le dernier numéro de 60 millions de consommateurs…
Étude pour le moins alarmante, puisque pour 165 aliments pour bébé, près de 60% sont ultra-transformés.
Mais qu’est-ce que cela signifie exactement ? sinon que ce sont des produits qui ne sont pas naturels, et qui causent les pires problèmes de santé que l’alimentation puisse causer ?
L’ultra-transformation consiste à rajouter des ingrédients chimiques visant à modifier la couleur, le goût et la texture des aliments.
Fardet les appelle des additifs cosmétiques, dans la mesure où ils ne servent en principe qu’à maquiller le reste de la composition.
Mais ce n’est pas tout, bien au contraire. Car l’ultra-transformation est beaucoup plus pernicieuse que ça.
Les 5 raisons de l’ultra-transformation
1/ Rendre le produit ludique.
Donc désirable pour une population qui se fie surtout aux apparences — et c’est en particulier le cas des enfants. Vous, vous n’avez pas envie d’acheter des aliments en forme de dinosaures mous, mais votre enfant ou votre petit-enfant, certainement.
Et à ce titre, le packaging suit. On va vous mettre des images de blé à l’état naturel si le produit en contient. On va rappeler que les ingrédients proprement alimentaires du produit sont bio.
Il s’agit donc d’abord d’égarer le consommateur. Et ceci, d’autant plus facilement qu’on peut lui faire avaler de cette façon des produits qui ne méritent pas d’être consommés, comme les huiles végétales raffinées…
2/ Rendre accro au sucre.
Vous ne pouvez pas vous fier à la proportion en sucre indiquée, car il y a d’autres formes de sucre utilisées pour modifier le produit qui ne s’affichent pas comme telles : amidon bien sûr, mais aussi dextrose et maltodextrine.
Si les enfants sont accros en bas âge au sucre, comme nous l’avons été avec les « petits pots pour bébé », ils le resteront assez certainement à vie.
Ce qui constitue une rente garantie pour l’industrie agroalimentaire… sur plusieurs dizaines d’années.
3/ Faire consommer des tonnes de produits chimiques.
À première vue, il ne s’agit pas d’une volonté expresse de l’industrie agro-alimentaire, la Big Food, mais d’un effet de bord.
Pourtant, c’est une réalité : les adjuvants des produits alimentaires qui rentrent dans la dénomination « d’ultra-transformation » peuvent représenter des parts importantes d’un produit alimentaire…
Jusqu’à constituer la quasi-totalité du produit en question (97%) dans les desserts lactés pour enfant par exemple…
C’est d’autant plus ignoble, que cela une utilité notable pour les financiers.
Car l’industrie alimentaire et l’industrie pharmaceutique ont souvent les mêmes propriétaires, qu’il s’agisse des mêmes fonds de pension ou d’une seule et même entreprise, comme Bayer, présente dans les deux domaines.
Le consommateur de produits ultra-transformés est le malade de demain. Pourquoi se contenter de lui faire les poches en amont quand on peut aussi les lui faire en aval ?
4/ On habitue le consommateur à mal manger.
On le conditionne à la facilité, aux goûts standardisés et extrêmes (très sucrés, très salés ou les deux).
Il mange sans y penser, il grignote d’autant plus facilement les nourritures molles qu’elles ne demandent aucun effort de mastication. Elles ne pèsent même pas dans l’estomac.
Comme on n’a pas l’impression de manger, on ne voit pas sa santé se détériorer avec le poids que l’on prend. Il s’agit donc de conditionner dès l’enfance à une consommation de la malbouffe sans échappatoire possible.
D’ailleurs Anthony Fardet nous montre des aliments à ingérer sous forme liquide dans une gourde… complètement antinomique avec un rythme alimentaire normal.
Les aliments pour bébé et pour les mineurs pointés du doigt
Vous le savez : le marché des aliments pour bébé, pour enfants et adolescents est gigantesque. Si pour le plus jeune âge, Big Food cible les parents, les enfants et les adolescents sont très sensibles à la publicité.
D’autant qu’ils trouveront toujours, à la récréation, des camarades dont les parents sont moins regardants et qui leur achètent les produits « à la mode ».
C’est pour ça que la part des ingrédients ultra-transformés est beaucoup plus grande dans les produits destinés aux mineurs que dans ceux destinés aux adultes.
Mais là… on atteint des niveaux scandaleux. Il faut au moins cela pour que le Figaro en parle ! Et on s’étonne encore moins que le gouvernement coupe le financement de 60 millions de consommateurs…
Car lorsque vous avez des desserts lactés destinés aux tout-petits enfants, qui sont à 97% constitués de produits chimiques et de sucres, on se dit qu’il y a quelque chose de pourri dans le royaume de la conso.
Fardet cite d’autres teneurs presque aussi scandaleuses :
- 93% de produits ultra-transformés dans les biscuits,
- 67% dans les compotes,
- 53% dans les céréales… dont la part strictement « alimentaire » est déjà du sucre à presque 100%.
Cela pose quand même quelques petites questions morales…
On va dire les mots qui fâchent
Lorsqu’on parle d’industrie pharmaceutique par exemple, ou dans notre jargon, de Big Pharma, il s’agit d’un fait économique inexorable.
Il y a, de fait, des millions de gens à soigner en Europe et dans le reste du monde, et il faut donc fabriquer des médicaments à la chaîne, avec des critères d’efficacité très génériques, qui prennent fort peu en compte la biologie de chacun ou son terrain.
Mais de par le fait, Big Pharma a fini par standardiser l’enseignement universitaire, l’a fait rompre presque définitivement avec les pratiques les plus naturelles et les plus personnalisées…
Quand ce secteur d’activité n’a pas été le protagoniste d’une tentative de coup d’État mondial entre 2020 et 2022…
C’est pour cela que nous devons rester les plus vigilants possibles face à une telle industrie dont, malheureusement, l’humanité n’est pas prête à se passer.
Mais il en va bien autrement de l’industrie agro-alimentaire dont nous peinons à comprendre l’utilité.
D’autant plus que, si vous lisez cette lettre, c’est que vous essayez de dépendre d’elle le moins possible pour votre alimentation…
Aussi… pourquoi tout le monde ne ferait-il pas pareil que vous ?
Pourquoi laissons-nous, comme Anthony Fardet nous le rappelle, Big Food faire 1642 milliards de chiffre d’affaires annuel ?
Réinitialiser l’alimentation dans le bon sens
Comme pour la grande distribution, n’est-ce pas le moment de faire une réinitialisation ? une grande et longue risette à ce secteur d’activités si néfaste pour vous et votre famille ?
Aux États-Unis, la grande distribution a imposé ses standards qui ont écrasé les petits producteurs pour pouvoir vendre partout dans le pays. En Europe, les normes édictées par la Commission font la même chose.
On vous fait croire que c’est inéluctable… et pourtant, quand vous allez en Italie par exemple, les restaurants se targuent de vous proposer de la nourriture locale, « kilomètre zéro ».
Toujours en Italie, les supermarchés s’enorgueillissent de vendre les produits régionaux avant tout.
Et la Coop, l’équivalent italien d’Auchan, malgré la concurrence féroce qu’elle mène à ses concurrents, a pour principe de permettre aux producteurs de bien gagner leur vie.
On est loin des agriculteurs français écrasés par les centrales d’achat, surveillés par drones et qui n’arrivent pas à se dégager un SMIC mensuel…
Alors oui, il est vraiment temps de s’interroger sur les pratiques, mais aussi sur l’existence même de l’industrie agro-alimentaire et des habitudes qu’elle impose à cette population captive qu’est la jeunesse.
Nous pourrions songer à détaxer les entreprises les plus vertueuses par exemple, ou encore stigmatiser par un design dégradant les produits les plus nocifs pour les enfants, comme on l’a fait avec les cigarettes…
Les solutions sont à portée de main… pour les politiques qui seraient réellement au service du bien public.
Et vous, qu’en pensez-vous ? Au plaisir de vous lire,
Louis Volta
nous sommes à la merci des ignobles détenteurs du pouvoir des politiques, des industriels et de big-pharma, serviteurs de leurs seuls intérêts, nous sommes réellement en danger ; pour ma part de prie Dieu mon Père qu’il ôte tous les effets nocifs de mon alimentation et veille sur ma santé
Bonjour, je suis d’accord avec vous mais vous avez oublié de dire une chose importante concernant l’alimentation en général, que ce soit pour les bébés ou les adultes, à savoir que, de nos jours, les femmes ne cuisinent presque plus, soit par manque de temps, soit parce qu’elles ne savent pas concocter de bons petits plats pour régaler petits et grands, ce qui pourrait éviter de se tourner vers la malbouffe qui est source de problèmes de santé.
Personnellement, j’ai toujours pris le temps de cuisiner, même en travaillant, et lorsque mon fils était enfant, il n’a jamais été attiré par les sucreries et n’en consommait que très rarement, contrairement à la majorité de ses copains, et a toujours pris plaisir de manger des petits plats faits maison et variés, ce qui est toujours le cas étant adulte, en ayant réussi à lui transmettre le goût du »bien manger » le plus sainement possible !
Les femmes..???et les hommes??