Enfin, le bio se réveille…

Chère lectrice, cher lecteur,

Le bio n’est pas seulement un secteur d’activité, c’est une façon de vivre, et même, par bien des aspects, le symbole d’une résistance à l’artificialisation de notre monde.

Artificialisation de la production agricole, de sa transformation, mais aussi artificialisation de notre mode de vie par la grande distribution, qui est de moins en moins humaine et qui privilégie la nourriture la plus transformée qui soit…

Après l’élection de François Hollande, en 2012, le bio, ce mode de vie plus résistant, (et résilient, en termes civilisationnels) est devenu une tendance qui, une fois n’est pas coutume, a transcendé les clivages politiques.

Cela s’en est immédiatement ressenti sur les progrès économiques de l’alimentation bio, sans intrants extérieurs et sans transformation excessive, qui a connu une croissance exceptionnelle :

12,5% d’augmentation par an entre 2012 et 2021 (d’après le gouvernement lui-même)[1], et ce donc jusqu’à la dernière grande année de confinement, période qui a été marquée par un retour généralisé aux fourneaux.

Or, après ces années fastes, la stagnation s’est installée…

Pour le bio, un après-Covid pire que le Covid

Qui n’a pas ressenti cela ? Durant la pandémie, nous avions souci, à toutes forces, de préserver « le monde d’avant ». Le fait est que celui-ci n’existe plus, que nous le voulions ou non.

Et cela s’est traduit, dans les trois ans qui ont suivi la pandémie, par une hausse des prix généralisée, une inflation qui nous a fait reconsidérer toute notre façon de vivre.

Le télétravail qui s’est généralisé n’a pas eu tout à fait l’effet escompté :  il reste difficile de passer autant de temps qu’à l’époque à la cuisine.

Résultat : le bio, dont le prix supérieur incite à cuisiner, a marqué le pas considérablement, restant autour de 12 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Et ces chiffres ne sont pas repartis à la hausse…

Et pourtant, tous les acteurs du bio ne s’en sortent pas de la même façon, ce qui montre un profond changement de mentalité — assez encourageant pour l’avenir.

Les petits magasins bio ont le vent en poupe !

Dans un reportage qu’il a fait pour son numéro de février, le magazine Que Choisir a interviewé des petits acteurs du bio[2].

Notamment l’un d’eux, Xavier Mercier, dont la boutique a dû fermer en 2022 lors de la crise post-Covid du bio, qui a correspondu au commencement de l’inflation galopante.

Il confesse être ainsi passé de 500 000 euros à 300 000 euros de chiffre d’affaires.

Cependant, nous apprenons un peu plus loin qu’il a depuis lors relancé son activité avec un certain succès…

Et il n’est pas le seul : les magasins spécialisés ont vu leur chiffre d’affaires augmenter de 6% entre 2023 et 2024.

Certes, ce ne sont pas les résultats spectaculaires des années Hollande et de l’élan qui nous a conduit jusqu’à la pandémie, mais de bon augure ne doit jamais être négligé.

Car cela signifie, comme le souligne abondamment le magazine, un changement de mode de vie, sinon même un changement de mentalité.

La désartificialisation du monde ?

Il y a deux points à retenir de l’émergence de ces nouveaux acteurs du bio que sont les petits magasins qui se développent un peu partout, et surtout dans les petites villes de la France périphérique.

D’une part, que les grandes surfaces, qui n’avaient pas souffert de la dernière crise du bio, commencent à être perdantes sur ce secteur d’activité.

En effet, si le secteur stagne et que les petits magasins croissent, c’est que la part des hypermarchés diminue.

Ceci est dû au fait que les hypermarchés sont l’objet d’une spéculation foncière et d’une occupation des centres marchands qui n’est plus autant à leur avantage… Quoiqu’elle leur ait permis de faire grimper artificiellement leurs prix, en prenant appui sur le prétexte de l’inflation.

N’importe quel consommateur, quand il voit la part du lion que prennent les hypermarchés, et combien leurs prix redoublent artificiellement la hausse due à l’inflation, cherche désormais à diminuer les dépenses dans ces magasins.

Conséquence ? les rayons bio des hypermarchés et même des supermarchés ont donc été délaissés.

Et ce, quand le chaland ne préfère pas le marché tout court. Car leurs prix, même quand ils sont élevés, sont garants d’une qualité qu’on ne trouve plus dans les grandes surfaces…

Un autre mode de vie est possible ?

D’autre part, les boutiques bio en général, puisqu’elles sont plus petites et qu’elles attestent d’un certain souci commun pour le bien vivre, sont plus humaines que les grandes surfaces.

Parfois on s’y rencontre, souvent on y parle ensemble. D’abord avec le vendeur, qui est concerné par son travail, puis avec les clients, qui ont leurs astuces.

Il y a aussi et souvent, dans la France rurale, une vie moins effrénée. Et le numéraire y étant moins présent, il y a aussi plus d’entraide, de réparation d’objets cassés, et donc moins de dépendance envers un système de consommation glacial et de moins en moins agréable.

À l’heure où les lieux de sociabilité sont en train de disparaître à cause de l’appauvrissement et du vieillissement du pays, mais aussi d’une fiscalité décourageante, le magasin bio représente dans bien des endroits un havre et une vision positive de la rusticité.

À croire que la fascination pour un monde de plus en plus frénétique, superficiel et malade de sa propre artificialité, a enfin trouvé une limite.

Pourvu que ça dure !…

Dites-moi en commentaire quel est votre magasin bio préféré et pourquoi. J’ai hâte de vous lire.

Louis Volta


Sources [1] https://www.agri71.fr/articles/la-consommation-de-bio-stagne-depuis-2021/ — Agrapresse, « La consommation de bio stagne depuis 2021 » in Agri71, 8 février 2026.

[2] Que Choisir, février 2026, pp.46-49.

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Jean-Charles
Jean-Charles
il y a 5 heures

En Alsace, je fréquente surtout SATORIZ, un magasin bio qui ne commercialise pas de fruits bio hors saison comme les fraises, les avocats venant du mercasur, pourquoi faire venir des avocats d’amérique du sud alors qu’il y en a en Espagne, Italie, mais le bobobio veut de avocats toute l’année et Satoriz ne le satisfait pas

Lenoir
Lenoir
il y a 5 heures

Mon magasin bio prefere est la coop nature puis la biocoop en deuxieme position

Arlette Boudet
Arlette Boudet
il y a 8 heures

J’ai beaucoup regretté la fermeture de notre Biocoop ici à Rochefort, depuis c’est très difficile de trouver des bons produits en étant sur qu’ils sont vraiment bio….. heureusement maintenant nous avons un COLIBRIS et là on peut y aller en toute confiance…. Merci à eux

Duchosal
Duchosal
il y a 11 heures

Mon magasin bio : LA VIE CLAIRE. Raisons : proximité et convivialité.
Un peu cher…

Oliete
Oliete
il y a 12 heures

Lettre très intéressante.
Je fais certaines courses à Biocoop et le bio l’Intermarché,pour raison financière.

GUERIN Nathalie
GUERIN Nathalie
il y a 12 heures

Je vais chez BIOCOOP à Chécy (45) et ça me convient bien. J’y trouve tout ce qu’il me faut… La qualité est là, la variété, la quantité… Le magasin agréable et les vendeurs aussi ! que demander de plus ! pour les petits budgets, comme le mien, il faut choisir, regarder les prix au kilo, éviter les produits transformés, profiter des articles en promo, et surtout acheter moins, pas de secret !

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