Chère lectrice, cher lecteur,
Depuis que nous sommes entrés, après le confinement, dans le monde d’après, notre société de consommation a profondément changé… et pas pour le mieux !
Voici comment se font les achats :
- Soit sur Internet, où vous allez systématiquement vers le moins cher, et où la qualité est fort peu appréciable. Cependant, le choix en magasin étant devenu très restreint, c’est incontournable.
- Soit dans les centres des grandes villes, dans les petites boutiques, où un bon fromage coûte aussi cher qu’une paire de chaussures en ligne…
- Soit dans les centres commerciaux vides, qui sentent la dépression chronique et le déclassement généralisé, avec leurs boutiques décaties, leur hypermarché vulgaire et leur magasin de sport qui pratique les prix du haut luxe de la décennie précédente…
- Soit dans les épiceries dont la fraîcheur des produits laisse systématiquement à désirer… quand elles n’entreposent pas des produits carrément nauséabonds, comme les crevettes séchées par exemple…
Le dernier cercle de l’enfer s’est ouvert
Avec tout cela, on ne s’étonne pas, comme je l’ai remarqué précédemment, du succès du Drive, c’est-à-dire de l’achat en ligne couplé à la livraison à domicile.
Et ce d’autant plus qu’il existe un enfer de la consommation sur terre, qui s’appelle… le supermarché de centre-ville !
Jadis, à taille humaine, avec des prix raisonnables — pour éliminer les petits commerces de bouche alentours — il a fini par devenir un piège à touristes où les riverains des centres-villes ne se rendent que sur la pointe des pieds…
D’ailleurs, les habitants du très huppé VIème arrondissement de Paris ont manifesté leur hostilité à l’ouverture d’une telle enseigne dans leur voisinage, et ils ont finalement eu gain de cause…
Cependant, je voudrais viser ici, puisque l’on m’en donne la liberté, deux compagnies qui méritent que l’on dénonce leurs pratiques aussi fort que possible.
Mais avant de nous attaquer à Carrefour Market et à Franprix, faisons un petit point si vous le voulez bien.
Pourquoi se faire avoir est-il devenu la norme ?
Déjà, regardons les choses en face : quand vous allez dans un centre-ville, tout coûte plus cher. Et ce n’est pas seulement à cause des loyers plus élevés, qui se répercutent sur les prix de l’alimentaire.
Si les produits sont aussi chers dans les centres-villes (et dans bien des centres-bourgs), c’est justement à cause de la fréquentation touristique.
En effet, le développement d’Airbnb a multiplié le nombre de touristes. Touristes qui sont bien en peine d’acheter des produits de qualité, vendus de toute façon beaucoup plus chèrement que leur qualité réelle.
Seulement les touristes doivent bien se nourrir, acheter des produits de base… il y a aussi tous ceux qui, « nomades numériques » ou mandés pour une mission de travail, restent quelques jours ou quelques semaines dans les environs…
Cette clientèle « exogène », il s’agit de les ponctionner au maximum, de saigner leur portefeuille à blanc. Car ils n’ont pas le temps ou la logistique suffisante pour aller dans les hypers.
La grande distribution l’a bien compris, qui a décidé de traiter le riverain des centres-villes avec la même rapacité que le VRP ou le touriste désargenté. Et pour cela, elle a trouvé la combine.
Il s’agit de racheter tous les points de vente et de faire artificiellement monter les prix en s’entendant entre supermarchés. Une pratique illégale mais improuvable, surtout quand la politique de la ville la favorise…
Monoprix, luxe pénitentiaire
Donc, dans Paris, qui donne le « la » au reste de la France, il ne reste que trois enseignes de supermarché : Monoprix, Franprix et Carrefour Market. Quelques Intermarchés cassent quelquefois cette monotonie…
Seul le Monoprix mérite quelque égard, car son but reste de fournir de la qualité. Raison pour laquelle les clients y retournent depuis des dizaines d’années.
Sauf que le Monoprix est en roue libre sur les prix. Cela se voit quand, par exemple, un Intermarché vend le même produit 50% moins cher… comme sur les bouteilles de pamplemousse.
De fait, il y a l’inflation qui est déjà élevée, et puis il y a l’inflation Monoprix, qui est systématiquement le double de l’inflation ordinaire. C’est simple : les prix augmentent de 10% tous les trois à six mois.
À ce train-là, inutile d’acheter de l’or ou de l’argent, achetez du parmesan ou des pâtes !
L’autre problème du Monoprix est sa politique de la caisse automatique qui est une hérésie au vu des prix pratiqués. Ce qui entraîne désormais une surveillance généralisée du client.
Quand vous allez dans l’équivalent d’une épicerie du luxe et que vous êtes traité comme un voleur en puissance, c’est un peu fort de café !
Surtout quand on sait que le vol, dans le commerce, est toujours plus le fait des employés que des clients…
Mais bon, au moins Monoprix fleure encore bon le soin de soi, et l’achalandage reste plutôt haut de gamme. Car il y a bien pire.
Franprix, le lieu du mépris
Franprix a racheté une petite supérette que je connaissais bien.
Sa propreté laissait un peu à désirer, le personnel changeait beaucoup et n’était pas toujours aimable. Mais on y trouvait des produits de qualité correcte à des prix qui n’étaient pas toujours intolérables.
C’est maintenant terminé.
Franprix a racheté toutes les supérettes les plus sales de France et a décidé de les laisser « dans leur jus », voire de les exploiter jusqu’à l’insalubrité.
Ce qui vous saute d’emblée au visage, ce sont les prix excessifs pour une qualité médiocre. Même quand vous choisissez des critères élevés, comme la mention « Bio », vous doutez encore.
S’ils vous vendent du Petit Marseillais, ils vous vendent la version non-bio au prix du bio, et la version bio au prix du caviar.
Ils achalandent le plus souvent avec des marques « pièges », comme les épiciers ont leurs marques « bidon », à la fois chères et médiocres, dont Rochambeau est l’exemple caractéristique…
Le truquage des prix : on n’est plus à ça près
Systématiquement, dans une même rue, le Franprix est plus cher que les autres supermarchés, beaucoup plus cher que l’hypermarché (30% de différence sur le chocolat, le café…) et ses produits ne sont même pas comparables avec ceux des enseignes discount.
Mais en plus de laisser un flou sur le rapport qualité-prix en privilégiant les marques obscures ou oubliées, ils ont une politique assez répugnante : les prix sont assez souvent plus élevés en caisse que ceux affichés.
Quand vous vous en plaignez, vous vous rendez compte de la « qualité » du personnel…
C’est simple : il est incapable de tenir une conversation, en peine d’ordonner une phrase « sujet, verbe, complément ». Et il peine à compter la monnaie, même lorsque le montant est affiché par la caisse.
En fait, le personnel du Franprix est spécifiquement choisi pour ne pas être capable d’offrir la moindre réponse au client mécontent. Pourtant, comme Monoprix, Franprix appartient à Casino…
Le problème est que, maintenant que le service est devenu partout lamentable, et que les prix sont partout excessifs, nous ne reviendrons pas à la normale, à moins d’interdire une bonne fois pour toutes les Airbnb…
Carrefour Market, carrément louche
Les Carrefour Market sont mieux tenus que les Franprix. Normal : ils sont franchisés, cela signifie qu’ils appartiennent à des indépendants qui sont sommés d’acheter eux-mêmes fort cher les produits de l’enseigne-mère.
Les indépendants ne gagnent donc pas tellement d’argent et sont obligés à leur tour de vendre à prix d’or.
De plus, le cahier des charges doit être plutôt élevé : c’est ce qui explique la tenue assez nette de ces établissements.
Mais ceux-ci sont vides parce que les prix sont encore plus délirants qu’au Franprix. Même dans les endroits hautement touristiques, leur fréquentation est généralement deux fois plus faible qu’ailleurs.
Je connais certains emplacements où je n’ai jamais vu plus de deux clients à la fois, même aux heures de pointe.
Le pire étant bien sûr, en plus de vendre des produits assez basiques à des prix fous, l’omniprésence de la gamme Carrefour Bio, dont la qualité est médiocre.
Normalement, le Bio sert à garantir la qualité d’un produit ; on s’attend donc à payer pour avoir mieux. Mais pas chez Carrefour Market, où vous allez payer cher pour rien, ou pour des absurdités, comme le sucre de canne bio !
Sur un produit aussi basique que le sucre de canne, la mention bio n’a pas dû coûter grand-chose, mais en revanche, elle permet de doubler le prix du produit !
Qui ira vérifier les cahiers des charges ? Qui ira regarder le bénéfice rapporté par cette mention ? Ça n’a pas l’air bien honnête…
Mais le plus étrange est que les Carrefour Market persistent alors qu’ils sont vides depuis plus d’une décennie, à de très rares exceptions près.
À se demander s’ils ne serviraient pas quelquefois, comme tant d’autres commerces sans client de nos jours, à blanchir de l’argent… Ils sont en tout cas, comme ces commerces, pleins de produits sucrés et impérissables qui peuvent rester en rayon des mois, voire des années…
Casser la grande distribution, il serait temps
La grande distribution a été favorisée par les pouvoirs publics dès après la Seconde Guerre mondiale : il s’agissait de permettre à tous d’accéder aux biens de première nécessité, voire à la qualité à moindre prix.
Résultat : les petits commerces de bouche ont fermé, le souci de la qualité a décru et depuis 50 ans, la grande distribution se sert de son oligopole pour étrangler tant les producteurs que les consommateurs.
De fait, hormis quelques enseignes haut de gamme, nous avons bien compris que tout cela était une hérésie. Les grandes enseignes font désormais pression sur les politiques, et nous sommes tous captifs de ce système déplaisant.
La présence d’intermédiaires — comme le boucher qui vous dénerve la viande par exemple — est un garant de la qualité. Et à force de vouloir les prix les plus bas, nous avons surtout la qualité la plus basse.
Ce constat, vous avez pu le faire en achetant sur Internet : puisque vous ne pouvez plus évaluer concrètement le produit, vous favorisez le critère sur lequel vous avez prise : le prix.
D’autant que la réduction des achats à des critères quantitatifs de nombre et de prix, qui a accru la numérisation de l’économie, s’est faite au détriment de l’économie française, tant celle de la production que de la distribution.
C’est en fait toute notre économie que nous devons repenser avec la dissolution de la plupart des centrales d’achat et des oligopoles de la distribution.
L’économie française doit connaître désormais une grande réinitialisation et surtout, elle doit redevenir pleinement française.
Peu nous importent les gains des entreprises du CAC 40 à l’étranger : si l’économie française tournait à nouveau pour les Français, entre acteurs français, elle connaîtrait enfin le renouveau qu’elle attend depuis un demi-siècle.
Parce que la mondialisation est un jeu que nous avons perdu. Et quand on a perdu, ça ne sert à rien de rester à la table regarder les autres jouer. Il faut rentrer chez soi et se refaire.
Dites-moi ce que vous en pensez, j’ai hâte de vous lire,
Louis Volta
completement d’accord pour carrefour market je n’y vais plus. Jai acheter un morceau de viande de 30euros passer quand je suis rentrer c’etait de la viande qu’il avez arranger pour pas le voir mais ça sentais mauvais je lui et rapporter. Des clemantines a 2,99euros ça passais a 4,99 euros voila
Salutations
J’ai appris depuis peu que l’on ne peut même plus faire confiance au code barre qui commence par 3 qui représente la France. C’est par exemple le cas des lentilles « V P » dont le préfixe du code barre est 3 et les lentilles viennent du Canada, préfixe 3 car l’entreprise « V P » est en France. Donc on n’a pas fini de se faire avoir avec la viande du Mercosur
Bonsoir, j’ai lu avec intérêt votre article sur les supermarchés de la honte. En ce qui concerne la ville de Hyères où j’habite, il n’y a plus de Monoprix , ni de Franprix mais il y a un Carrefour Market près de chez moi où je me rends parfois pour des petites courses rapides. C’est vrai que les prix sont plus élevés qu’au Leclerc de la ville qui se trouve en dehors de la ville. Donc ce Carrefour Market marche plutôt bien car beaucoup de personnes âgées qui n’ont pas de voiture s’y rendent. Mais pour ma part, je suis assez satisfaite de la qualité des produits Carrefour, et récemment il y a un rayon traiteur ( charcuterie etc ) où on trouve de bons produits. Mais j’imagine que c’est différent à Paris et en province. Quant à casser la grande distribution, l’idée est valable mais comment faire ? Boycotter quoi, comment ? Bonne soirée et merci pour vos articles.
le temps est venu de révoquer ce système de détournement sans limites, présenté comme démocratie où les représentants s’installent confortablement dans le déni.
le système du WEF, de l’UE et des Young Global Leader (les Macron et …) tuera l’humanité si nous renonçons définitivement au courage de la liberté.
Moi j’ai vu qu’une certaine chaîne de distribution a été spécialement agressive mettant en valeur quelques produits écologiques pour finalement ne plus en proposer que quelques uns une fois avoir repris les fonds de commerces des épiceries coopératives spécialisées de proximité. C’est pas correct, on veut de la variété dans le bio, pas que quelques produits et puis ça casse trop la concurrence.
Tellement vrai , mais il y a des années que la grande distribution ( j’ai 76 Ans ) dirige nos politiques . J’habite une petite commune en Bretagne devant la mer et je fais depuis toujours mes courses à la biocoop locale ou au marché ou chez le peu d’artisans qui tiennent le coup parce que même dans nos régions ( comme nous ont baptisé les Bobos Parisiens ) nos petits cités deviennent des déserts pendant qu’autour SuperU , Intermarché , LDL , ( rien que 3 pour une cité de 3500 h !!!! ) . C’est Foutu . J’ai 7 petits-enfants . Félicitations pour vos articles . Bon courage .
Sincères Salutations
Marie Eliès
Bonjour,
Article intéressant, Il existe aussi l’enseigne de distribution G20 dans les centres-villes (dont je ne connais pas la filiation), qui pratiquent aussi des prix lunaires.Heureusement qu’ils ne sont pas nombreux ! Leur base line est quand même : Dépenser moins sans aller loin, sans rire…
Pour retrouver une alimentation de qualité, on doit revenir aux fondamentaux, commerces de proximité, produits de qualité en supprimant les élevages et cultures intensives, avec davantage de véritables contrôles sur les produits alimentaires ainsi que sur leur traçabilité et également rétablir notre souveraineté alimentaire, ce qui est primordial !
moi, j’ai coupé cours à tout cela : dans ma ville j’ai participé au montage d’un magasin supermarché de 400 m2 coopératif et participatif. cela signifie que l’on adhère au supermarché en achetant une fois pour toutes une part du magasin qui de ce fait nous appartient. Les gains ne vont dans la poche de personne et la collectivité des actionnaires décide en assemblée de ce que nous faisons de cet argent ( installation d’un agriculteur bio?, crèche?, diminution de notre marge? autres idées?…..etc) nous choisissons nous-mêmes les produits à introduire (75% bio 25% conventionnel) et avons crée 4 emplois (pas de hiérarchie) cela a un prix: la participation car nous devons tous 3heures par mois au supermarché.résultat la propreté, le respect des normes, évitons le gâchis , c’est vital ( composteurs pédagogiques et chasse au gaspillage avec des paniers solidaires, un atelier de préparation pour des associations..) la convivialité et du lien social à fond! que du bonheur je ne pourrais aller ailleurs .
Bonjour, très bien, tout cela est vrai mais un peu rapide et pas du tout sourcé face à une réponse de ces gens.
Tout est a revoir, en partant de la production des aliments par des personnes qui ne s’appellent plus paysans, mais exploitants agricoles, qui sont redevenu salariés des firmes agroalimentaires, et donc esclaves.
De l’éducation nationale qui n’existe plus en tant qu’éducateur mais en tant que polueur de cerveaux
De la médecine qui soigne les laboratoires pharmaceutiques, mais plus la population.
Les grandes centrales d’achats, qui sont sous contrôle des lobbys de l’agroalimentaire, au départ, contrairement au départ, c’était les grandes surfaces qui ont dicté les lois a l’agroalimentaire, remplissage gratuit des rayons par les soins des fournisseurs, payés,90 jours fin de mois, etc.
Maintenant tout est perverti, jusqu’au merdias qui ne sont plus sur le terrain our enquêter, mais devunu les perroquets de l’AFP qui est contrôlé sévère par les décideurs financiers, la boucle est bouclée,
Tout à fait d accord
Le sujet est brûlant car il met en évidence la perte de notre souveraineté alimentaire qui était le dernier rempart à la «dissolution » de la France.
Il va falloir se retrousser les manches !
Quand les Français deviendront des CONSOMACTEURS…..je pense que les poules auront des dents
C’est bien dommage pour nous tous cette frénésie d’achats dans des endroits douteux pour un tas de raisons.
Réveillez-vous les clients : vous vous empoisonnez vous-même mais aussi votre famille
Je suis complètement d’accord. C’est important d’informer les gens. C’est important qu’ils prennent conscience de tout cela.
Article passionnant comme toujours et très étayé. Une petit bémol pour Monoprix, en tous les cas dans ma ville moyenne (35 000h) , heureusement qu’il est implanté dans le centre ville qui, sans lui, serait mort depuis bien longtemps, les produits sont certes plus chers mais avec les avantages cartes et les promotions, le rayon boucherie charcuterie d,un très bon rapport qualité prix et le choix des marques de qualité supérieure, on arrive à faire ses courses sans forcément dépenser plus car on évite de gaspillage et là sur consommation de produits bas de gamme et délétères pour la santé. Merci encore pour vos articles.
Bonjour,
Je suis entièrement d’accord avec ce que vous dites.
Ras le bol des supermarchés qui vendent des produits qui nous empoisonnent à prix d’or.
Revenons à une alimentation produite en France et tous les français profiterons des bénéfices (santé et salaire)
Bonjour,
Cet article est très pertinent! Il nous ouvre les yeux! oui, il est temps de reprendre la main en vendant et achetant nos produits FRANCAIS
interessant mais vous ne parlez pas des marchés, non plus que des zones rurales où je crois la situation diffère