Les vers dans le pain, c’est légal

Chère lectrice, cher lecteur,

Nous sommes ce que nous mangeons. Factuellement. Les aliments que nous avalons constituent ensuite notre corps. Quand on commence à vous faire manger des insectes, c’est que vous êtes traités comme de la vermine. Ou que vous ne tarderez pas à l’être.

Alors bien sûr, certains de nos personnages politiques semblent avoir une grande tendresse pour les parasites de l’humanité. Comme cette députée animaliste qui, à Paris, a incité les élus à ne pas avoir une politique agressive contre la vermine et à cohabiter avec les rats, renommés « surmulots »[1].

Dans la réalité, quand on vous traite comme de la vermine, c’est qu’on tolère très mal votre existence. Les régimes politiques les plus mal intentionnés commencent par comparer leurs ennemis à des parasites, avant de proposer un traitement antiparasitaire hostile.

Il faut croire que l’Union Européenne compte y aller un peu plus en douceur. Après avoir grandement soutenu les politiques d’enfermement de la population à domicile, elle nous promet sous des dehors écologistes une alimentation qui produise un minimum de carbone.

Soit en remplaçant la viande vivante par de la viande cultivée en laboratoire – en fait des cellules cancéreuses en guise de steaks, comme le soulignait avec raison le philosophie Michel Onfray[2]. Soit, comme nous le voyons actuellement, en nous conditionnant à manger des insectes.

Il ne s’agit donc pas de s’en prendre directement à l’intégrité physique de la population, mais indirectement, en l’abîmant patiemment mais sûrement.

Notez que l’individu le plus efficace au travail est l’individu jeune auquel on peut donner à manger à peu près n’importe quoi – ce que l’industrie agro-alimentaire faire déjà avec le sucre.

Si en plus la nourriture atroce qui vous est peu à peu la seule accessible financièrement vous permet de succomber plus vite, vous êtes un individu d’autant plus rentable. Même plus besoin de mettre une limite à l’espérance de vie comme dans Un bonheur insoutenable d’Ira Levin. Si vous ne jetez pas l’éponge avant de devenir improductif, vous pourrez toujours dépenser le peu que vous avez mis de côté dans les médicaments…

4% dans les biscuits des enfants

Le 20 janvier 2025, l’Union européenne a autorisé un nouvel insecte à la consommation. Il s’agit du ver de farine, ajouté sous forme de poudre. Il pourra être ajouté à hauteur de 4% dans le pain et les gâteaux, à 1% dans le fromage et 3,5% dans les compotes de « fruits ».

Cette autorisation fait suite aux 4 autres insectes précédemment autorisés à la consommation par l’UE[3] :

  • Le ver de farine jaune séché (larve du coléoptère Tenebrio molitor) en mai 2021 puis congelé ou en poudre en février 2022.
  • Le criquet migrateur (Locusta migratoria), entier ou sans ailes ni pattes, congelé, séché ou en poudre, en novembre 2021
  • Le grillon domestique (Acheta domesticus) surgelé, séché ou en poudre, en février 2022
  • La poudre de grillon domestique (Acheta domesticus) partiellement dégraissée depuis le 24 janvier 2023.

Le premier de ces vers ayant été autorisé à la vente l’a été dans le cadre d’une autorisation faite à une entreprise française appelée Agronutris. La France se trouve donc dans la « course » pour le marché des insectes et la normalisation de leur consommation.

Raison pour laquelle nous avons été gratifiés d’un très long article de « fact-checking » de l’Agence France Presse qui nous « rappelle » que les insectes sont tout à fait conformes à l’ingestion par les individus[4].

Le fact-checking, autre nom du « mensonge d’État »

Rappelons que le Fact-checking consiste (pour des journalistes payés par l’État, par des puissances étrangères ou les deux) à détourner la méfiance populaire vis-à-vis de politiques néfastes, à population en général, et à sa santé en particulier.

Ses méthodes sont élémentaires : il s’agit de prendre une information qui a été traitée et amplifiée grossièrement sur les réseaux sociaux et de la prétendre fausse en utilisant l’un des arguments suivants :

  • Critiquer une faute de détail pour ne pas donner raison sur le fond
  • Passer à côté du sujet en prenant la version la plus sotte de la méfiance populaire, afin de faire passer le peuple et ses inquiétudes pour imbéciles
  • Relayer la parole de prétendus experts, en fait des professionnels payés par les lobbies industriels ou tenus par ces mêmes lobbies, sans indiquer d’étude précise qui les engagerait réellement.

Le fact-checking est tombé en désuétude après les notes de communauté mises en place par Elon Musk sur le réseau X[5], et surtout après avoir pris systématiquement le parti des industries pharmaceutiques pendant la crise sanitaire, contre la santé publique.

Mais il faut croire que sur certains sujets, le gouvernement français n’est pas à une manipulation ni à un mensonge près…

S’ils nous faisaient avaler que des couleuvres…

L’article sur la consommation des insectes de l’Agence France Presse – ou plutôt de son organe d’intoxication d’État, AFP factuel – est à ce titre édifiant. On y retrouve

1/ Une critique de l’effroi populaire concernant l’absorption de la chitine et de l’ecdystérone, complètement hors-sujet. Cette argumentation paraissant tellement marginale que l’on se demande si elle n’a pas été inventée de toutes pièces.

2/ Une assurance de l’étiquetage des insectes sur les aliments, nous assurant que jamais, au grand jamais, nous n’en mangerons sans le savoir. Nous mettrions notre main à couper que tous les restaurants – y compris les fast-foods – ainsi que l’ensemble des cantines d’école et d’entreprise, se livreront à de tels affichages… Ce n’est pas comme s’il y avait 600 fraudes alimentaires alimentaires en France par an[6].

3/ Une admission que la nourriture d’insecte peut créer des fortes intolérances alimentaires, notamment pour les consommateurs étant déjà allergiques aux crustacés et aux acariens…

4/ L’omission évidente de ce qu’avait admis la désormais célèbre étude polonaise de 2023 sur la contamination naturelle des insectes « mangeables » par les virus, bactéries nocives et champignons, tous plus nocifs les uns que les autres. Salmonelles, E. Coli, staphylocoques, streptocoques et encore bien d’autres plus exotiques qui n’attendent que de s’ajouter à la longue liste de nos pathologies[7].

En fait, l’étude en question admet purement et simplement que ce genre de nourriture pourrait créer de nouvelles épidémies, car les insectes font naturellement partie de l’écologie des pires bactéries, virus et champignons.

Bien sûr, nos fact-checkers nationaux tiennent à nous faire croire que, suffisamment chauffés, les insectes ne nous donneraient pas de maladie. Il vaudrait mieux les brûler pour en être certains…

Parce que si nous mangeons nos amis grouillants, c’est en entier, avec leurs intestins et le reste, leurs antennes, soies, mandibules, toutes parties où pullulent les immondices. Vous devinez bien qu’en ces augustes lieux, les microbes les plus dangereux du vivant ne cessent de se compénétrer afin de devenir les « meilleures versions d’elles-mêmes », mais pas pour nous.

L’Italie résiste mal, mais elle résiste un peu

Si vous regardez sur les réseaux sociaux, vous pourrez trouver une mention fréquemment relayée selon laquelle Giorgia Meloni, première ministre italienne, aurait interdit la nourriture à base d’insecte. C’est malheureusement faux.

Giorgia Meloni s’est certes engagée à interdire la fausse viande[8], et ce dès 2022. Mais pour ce qui est des insectes, elle ne voudrait pas se fâcher directement avec l’Union européenne, pour qui c’est apparemment un dogme idéologique.

Les Italiens ont une longue tradition de commerce international, de rivalité entre provinces et entre nord et sud du pays, qui fait que l’Union européenne, malgré tous ses excès, y reste très populaire. Elle permet de faire venir beaucoup de touristes et de vendre beaucoup de produits.

Néanmoins l’Italie reste le pays phare du bien manger dans le monde, devant la France qui, chaque fois qu’elle l’a pu, a cédé aux sirènes de l’agriculture intensive. Bien des Italiens se sont offusqués à l’idée de manger des vers dans leurs sacrosaintes pâtes et dans la pizza.

Il faut savoir qu’en Italie, l’étiquetage des allergènes dans les restaurants est beaucoup plus poussé qu’en France, à cause du nombre important de personnes intolérantes au gluten. Car les pâtes et la pizza se font avec des farines très collantes, qui favorisent beaucoup cette pathologie.

Les Italiens sont donc moins susceptibles de manger des insectes au restaurant. Ils sont aussi moins adeptes des fast-foods à l’américaine que les francophones.

Mais pour éviter les aliments aux insectes dans la nourriture quotidienne, ils ont trouvé une parade plutôt efficace. En plus de demander un étiquetage spécial et pour ainsi dire, discriminant, ils ont imposé que les produits contenant des insectes soient présentés sur des étagères distinctes dans les supermarchés[9].

L’écologie, c’est pour les autres…

Ce procédé est intelligent, parce que, hormis pour quelques rares personnes, les partisans de la nourriture à base d’insectes le sont toujours pour les autres, rarement pour eux.

On entend ainsi de leur part que les insectes seraient « pleins de protéine »[10] ou « riches en vitamines D » ![11]

De surcroît, les partisans bureaucratiques et politiques de la normalisation de cette consommation se retrouvent coincés. D’un côté, ils aimeraient que cela passe inaperçu, afin que le bon peuple s’habitue à représenter « le moins de pollution possible ».

Mais de l’autre côté, ils sont confrontés à leur hypocrisie, car ils risquent de causer des intolérances alimentaires. Lesquelles, à leur tour, pourraient donner lieu à des scandales sanitaires d’ampleur nationale.

Tous les pays n’ont pas la rigueur de l’Italie sur ce sujet, et tant qu’on ne l’empêche pas, l’Union européenne continuera à encourager la consommation des nourritures les plus malsaines.

 Pour la simple et bonne raison que l’agro-industrie et l’industrie pharmaceutique ont partie liée. Pour exemple, Bayer, l’un des plus importants vendeurs de graines alimentaires au monde, est aussi l’un des plus importants vendeurs de médicaments…

Votre alimentation, c’est vous,

Louis Volta


[1] https://www.leparisien.fr/paris-75/a-paris-ne-dites-plus-rat-mais-surmulot-une-elue-appelle-a-agir-differemment-a-legard-des-rongeurs-08-07-2022-JGZG4ZPTLVAEDASITGE4VV7PLU.php

[2] Dans Le fétiche et la marchandise, Bouquins, 2023.

[3] https://www.quechoisir.org/actualite-alimentation-les-insectes-progressent-dans-nos-assiettes-n105722/#:~:text=L’autorisation%20de%20mise%20sur,sont%20proposés%20entiers%20aux%20consommateurs.

[4] https://factuel.afp.com/doc.afp.com.36XM7BR

[5] Mais aussi avec l’affaire du fonds Marianne où la principale agence d’intoxication étatiques, Conspiracy Watch, s’est avérée être financée par une caisse attribuée suite à l’assassinat de Samuel Paty.

[6] https://www.phytocontrol.com/veille-reglementaire/bilan-annuel-2022-sur-la-fraude-alimentaire/

[7] Gałęcki, R.; Bakuła, T.; Gołaszewski, J. Foodborne Diseases in the Edible Insect Industry in Europe—New Challenges and Old Problems. Foods 2023, 12, 770.

[8] https://www.coldiretti.it/economia/meloni-ha-firmato-la-petizione-contro-il-cibo-in-provetta

[9] https://pagellapolitica.it/articoli/decreti-insetti-governo-meloni

[10] https://theconversation.com/les-insectes-une-nouvelle-source-de-proteines-pour-les-sportifs-210147

[11] https://www.lesechos.fr/pme-regions/innovateurs/nutriearth-va-produire-de-la-farine-riche-en-vitamine-d3-avec-des-insectes-2115279

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