Mercosur : 99 000 tonnes de viande aux antibiotiques

Chère lectrice, cher lecteur,

Je ne vous apprends sûrement rien : ce samedi 17 janvier sera signé l’accord sur le Mercosur au Paraguay, malgré l’opposition de la France.

Et tous les médias qui suivent les consignes (ou la propagande, appelez ça comme vous voulez) de l’Union Européenne martèlent ce chiffre : 1.6%.

Seulement 1.6% de la production européenne de viande sud-américaine entrerait sur le marché, soit 99 000 tonnes.

Quantité négligeable. Alors pourquoi se fait-on du soucis ?

En réalité, ces 99 000 tonnes dont on nous parle, ce ne sont pas n’importe quelles tonnes.

Ce sont les morceaux nobles : filet, faux-filet, entrecôte, bavette d’aloyau.

Autrement dit, les pièces qui rapportent et tiennent toute l’économie de la filière bovine européenne.

Comment passe-t-on de 1.6 à 25 ?

Le calcul semble évident : la Commission compare 99 000 tonnes aux 6,6 millions de tonnes de viande bovine produites dans l’Union. D’où son calcul : 1,6 %.

Sauf que non. Le Brésil et l’Argentine n’exportent pas n’importe quoi. Ils exportent massivement les morceaux d’aloyau — ceux qui se vendent cher, que recherchent les consommateurs européens, et qui représentent un segment beaucoup plus étroit que « toute la viande bovine ».

Interbev, l’interprofession française, a fait les calculs : l’Union européenne produit 400 000 tonnes de morceaux d’aloyau par an. Aujourd’hui, les importations du Mercosur en représentent déjà 100 000 à 120 000 tonnes, soit environ 25 % de la production européenne de ces morceaux spécifiques.

Et demain ? Si les 99 000 tonnes supplémentaires de l’accord concernent essentiellement ces mêmes pièces nobles — ce qui est plus que probable —, on arrive entre 200 000 et 220 000 tonnes d’aloyau sud-américain sur le marché européen.

C’est-à-dire entre 25 et 50 % de la production européenne de ces morceaux. Et pas 1,6 %.

Le pire là-dedans, c’est qu’on ne pourra même pas s’en rendre compte à temps.

Car pour activer une clause de sauvegarde — vous savez, ce fameux « mécanisme de protection » dont se gargarise Bruxelles —, il faut prouver une déstabilisation du marché. Il faut des « preuves suffisantes » qui attestent que ce sont bien ces importations précises qui posent problème.

Or il n’existe aucune ligne tarifaire douanière spécifique pour les morceaux d’aloyau.

Ils sont noyés dans une catégorie fourre-tout : « viande bovine désossée réfrigérée ». Impossible de suivre finement les volumes. Impossible de distinguer un filet d’une bavette d’un jarret dans les statistiques d’importation.

Comme me le confirme Baptiste Buczinski, agro-économiste à l’Institut de l’élevage : « L’aloyau est noyé dans la masse des lignes tarifaires. »

Donc quand les prix vont s’effondrer, quand les éleveurs vont (encore) tirer la sonnette d’alarme, il sera trop tard pour rassembler les « preuves suffisantes ».

La gabegie européenne aura fonctionné.

Que faire, pour sa santé ?

Ces nouvelles viandes arriveront en France à des coûts inférieurs de 18 à 32 % par rapport aux coûts européens, selon l’Institut de l’élevage. Et ce n’est pas grâce au transport maritime — celui-ci est négligeable dans le prix final.

Non, c’est grâce à des normes de production beaucoup moins exigeantes.

Usage d’antibiotiques comme promoteurs de croissance (interdit en Europe), normes sociales et environnementales plus souples, surfaces gigantesques d’élevage extensif sur des sols déforestés…

Et lorsque ces pièces sud-américaines vont inonder le marché européen, que croyez-vous qu’il va se passer ? Une pression à la baisse sur tous les prix.

Les éleveurs européens, pour survivre, devront couper dans leurs coûts. C’est-à-dire rogner sur la qualité, l’alimentation des bêtes, le respect des cycles naturels.

Nous nous apprêtons à vivre un nivellement par le bas de la qualité de toute notre viande.

Alors le premier geste que vous pouvez faire, c’est bien sûr de privilégier votre boucher local.

Demandez l’origine, exigez la traçabilité. Les filières courtes – herbagers, plein air, labels régionaux – sont votre meilleur rempart contre l’uniformisation dangereuse.

Autre “astuce“ que je vous donne : face à une viande dont on ne connaît plus les conditions de production, les marinades acides deviennent un outil précieux.

Le citron, le vinaigre attendrissent la chair, facilitent la digestion, et peuvent même neutraliser certains résidus indésirables.

Enfin, je vous invite à signer cette pétition citoyenne avec le vote Mercosur de samedi : https://www.leslignesbougent.org/petitions/non-a-laccord-ue-mercosur-20022/

Chaque signature compte. Transmettez-la à vos proches.

Louis Volta

P.S. : Si vous avez déjà changé vos habitudes d’achat face à ces risques, ou si vous avez trouvé un bon boucher local, je serais heureux de vous lire en commentaire.

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Christian
Christian
il y a 6 jours

MERCOSUR c’est l’arnaque du siècle on ne va rien en retirer (RIEN !!!)
Tout cela ne sert qu’a appauvrir la France la mettre à genoux pour qu’elle soit obliger de rester dans l’UE
(plus d’agriculteurs plus d’indépendance nutritionnelle on va finir par faire des empreints pour se nourrir)
La suite c’est l’inde bien évidemment mais à toute vitesse ….
Après on va partager l’arme Nucléaire aux autres européens (solidarité oblige)
On a déjà saccagé EDF au profit de l’Europe ..
Que dire de plus – Ne rien attendre de nos députés ni Sénateur qui on refusé la destitution de Mr Macron
Les français avaient refusé d’entrer dans l’UE – Ils sont passé par le parlement ….
Je n’ai rien à dire de plus – tant que l’on acceptera cette emprise (UE) la France sombrera
Dites moi ce que vous en pensez

Annie
Annie
il y a 9 jours

Bonjour, je suis contre le Mercosur et c’est à nous, consommateurs, de résister en consommant du local et de la viande française de qualité, même si elle est plus chère, ce que je fais déjà depuis de nombreuses années.
Ce qui est valable pour la viande l’est également pour tous les autres produits de consommation dont je regarde toujours l’origine ainsi que leur composition et leur lieu de transformation, sans tenir compte du nutriscore que je ne trouve pas fiable…
Tout ceci prend du temps mais j’estime que ça en vaut la peine !

police
police
il y a 9 jours

Fnsea complice, gouvernements complices, GRANDES SURFACES VOMMICES, il faudrait que les consommateurs soient eclairés et PAS COMPLICES, C’EST FACILE

Bodou
Bodou
il y a 9 jours

C’est plus qu’une folie….tout d’abord. …l’être humain n’a absolument pas besoin de manger autant de viande….

mireille maurin
mireille maurin
il y a 9 jours

Merci pour votre lettre .
Oui c’est un trahison ! Notre patrimoine, la qualité de nos viandes, les bonnes races du cheptel français, tout ça
réduit à du commerce bon marché , l’empoisonnement de l’humain, de la nature . Il faut que localement , les régions,
les maires contribuent fortement , encouragent la production locale , l’agriculture, l’élevage , les bons producteurs .
Merci .

Catherine Pellaud
Catherine Pellaud
il y a 9 jours

Bonjour, j’ai lu avec beaucoup d’attention votre courriel. Je pense que l’action la plus efficace serait de lancer une vraie campagne de communication pour mettre en place un boycott national de la part des consommateurs français sur ces produits en provenance des pays d’Amérique du Sud. Bien expliquer comment lire et interpréter les étiquetages des produits des supermarchés. De mon coté je n’achète de la viande que chez mon boucher qui est française. Je fais ça depuis huit ans et boycott les supermarchés pour ces produits là. et je ne suis pas prête d’arrêter… Bon courage et un grand merci pour vos actions précieuses pour protéger notre santé et notre agriculture française qualitative !

Marise Pierrette
Marise Pierrette
il y a 9 jours

Suis en accord avec vous mais nous les consommateurs avons le pouvoir de refuser totalement d’acheter cette mauvaise viande en soutenant radicalement nos éleveurs européens et Suisses.

Cécile H
Cécile H
il y a 9 jours

déjà rien que voir comme ces animaux sont élevés je suis dégoutée ! C’est une honte !

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