Repas livrés : et si on arrêtait ?

Chère lectrice, cher lecteur,

Ça y est, ma chère et tendre et moi, nous avons arrêté.

Depuis, nous nous sentons beaucoup mieux, aussi parce que nous mangeons beaucoup mieux.

Oh, vous savez… nous y recourions beaucoup moins, ces dernières années… un petit coup par-ci par-là, en hiver, quand nous n’avions pas le courage de sortir.

Mais ça y est, c’est bel et bien fini :

Plus de Deliveroo, d’Uber Eats, ou quelque autre application que ce soit. Nos téléphones sont nettoyés. Il était temps !

Je ne cautionne plus ce système

Pour les restaurateurs déjà, le système est inique.

Les plats qu’ils vendent ne leur rapportent quasiment rien, cela les oblige à des cadences frénétiques, sans compter les mauvaises notes sur les applications en question si la livraison a été trop tardive.

D’autant que cela a donné lieu, durant la pandémie surtout, à la création de faux restaurants, qui ont commencé à attaquer les parts de marché des restaurateurs qui ont pignon sur rue…

Le rapport qualité/prix est lui aussi très désavantageux…

Vous vous retrouvez avec des plats dont la qualité des produits est plus basse qu’au restaurant. Pourquoi ? Déjà, à cause de la marge des entreprises de livraison, qui presse les restaurateurs à leur faire vendre des plats moins chers qu’au détail.

Ensuite parce que les restaurateurs se sont rendus compte que le voyage et la tiédeur des plats une fois livré font que le client s’attend à une qualité moindre, et qu’il ne sera pas sur place pour se plaindre.

De fait, quand vous prenez l’habitude de commander votre nourriture à distance, vous finissez par vous habituer à ingurgiter une qualité assez médiocre pourvu que le goût soit complètement différent de ce que vous avez mangé la veille…

Sauf que cette qualité médiocre, vous la payez très cher !

Car l’entreprise de livraison a non seulement fait pression sur le restaurateur, elle fait aussi pression sur vous, en vous facturant des frais de livraison hors de prix…

Et ce n’est pas comme si ça allait dans les poches des livreurs…

Le chaos et la misère

Quand ces entreprises se sont lancées, il y avait des étudiants qui travaillaient pour elles, qui s’occupaient des livraisons. C’était bien sûr avant la pandémie.

Un ami à moi qui était alors sans travail et qui se trouvait un peu d’embonpoint, m’avait même confié être tenté par l’aventure. On pouvait alors gagner un petit pécule tout en faisant son sport.

Mais après la pandémie, la situation avait complètement changé. On ne voyait plus le moindre étudiant faire ce métier, et pour cause.

Les revenus à la livraison avaient tellement chuté que cela ne valait plus la peine, même pour les étudiants les plus désargentés.

Ce sont donc des migrants, le plus souvent sans papiers, qui se sont donc retrouvés à faire ce boulot, en « louant » 100 à 150€ par semaine[1] le « droit » de l’exercer à des micro-entreprises spécialement créées à cet effet.

Nous sommes alors rentrés dans une forme d’exploitation ô combien pernicieuse…

Un accident, et c’est terminé

C’est simple, quand les migrants font ce travail, ils n’ont pas vraiment de couverture sociale. S’il y a accident, ils n’ont pas de quoi se faire soigner, et aller à l’hôpital prend du temps.

Certains disent qu’ils « sont payés pour brûler les feux », parce que s’ils ne sont pas les plus efficaces pour livrer, le logiciel leur préfère les livreurs les plus rapides.

Ils peuvent aussi se retrouver sur des routes assez dangereuses où ils côtoient des camions, avec des accidents mortels à la clé. L’indemnisation à la famille dépend du scandale. Si vous êtes français, c’est 50 000€. Sinon, c’est 1 500€…

Sans compter que, puisqu’ils sont illégaux pour la plupart, la police peut très légitimement leur « tomber dessus ».

Et d’autre part, cela ne va pas sans nuisance pour le voisinage, puisque les devantures des restaurants sont devenues des rassemblements de livreurs dont les manières laissent souvent à désirer…

Personne n’est content !

Ni les migrants exploités, ni les riverains dérangés, ni les contribuables qui paient les soins, ni les étudiants qui ont perdu leur job, ni les restaurateurs qui réduisent leur marge, ni les clients, qui mangent de moins en moins bien et paient de plus en plus cher.

Par conséquent, on finit par se poser cette question :

Pourquoi continuer à participer à un système aussi stupide, et qui ne rapporte qu’à des entreprises américaines ?

Et vous savez quoi ? Depuis que nous avons arrêté, avec ma compagne, nous mangeons beaucoup mieux, exactement de la même façon que, plus jeune, nous avions arrêté la malbouffe.

Et vous, vous arrêtez quand ?

N’hésitez pas à me le dire dans les commentaires !

Louis Volta 


Sources [1] https://www.streetpress.com/sujet/1747136152-lille-livreurs-coursiers-sans-papiers-etau-controles-police-velo-amendes-regularisation-immigration-collectif-entraide-ubereats-deliveroo — Jérémie Rochas, Arto Victorri, « « Nous, livreurs sans papiers, sommes pris en étau entre les contrôles de police et les demandes de rentabilité d’UberEats et Deliveroo » » in Streetpress, 13 mai 2025

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Grasset
Grasset
il y a 8 jours

Je n’ai jamais commencé car c’est totalement en contradiction avec mes valeurs.

Olivia
Olivia
il y a 12 jours

Personnellement, je n’ai jamais rien commandé. Je fais mes courses et prépare moi-même mes repas. Mais, je reconnais que ceux qui sont en famille, avec la pression du travail, le soir en rentrant, peuvent être tentés de se faire livrer. Trouver d’autres solutions demande des efforts…

SOUBEYRAND christiane
SOUBEYRAND christiane
il y a 12 jours

Bonjour, Votre constat est d’une vérité qui devrait tous nous révolter ! car cet esclavagisme moderne est une honte et entraîne des dommages de toutes sortes y compris très très graves comme vous l’évoquez ; mais aussi et encore une façon « à la con » de se nourrir très mal et pour très cher comparé avec un repas maison simple mais sain..encore une idée des ricains qui ont exporté ce système délétère et nous avons marché ! Nous sommes des C ! Bof ! Pouah !

Ravier
Ravier
il y a 12 jours

Bonjour, avec mon mari nous ne l’avons jamais fait mais je sais que mon fils jeune adulte se fait souvent livrer et pourtant il habite en centre ville. Tant mieux que vous ayez arrêté…

ROSELLO
ROSELLO
il y a 12 jours

IL FAUT BANNIR CETTE HABITUDE MALSAINE QUALITATIVEMENT NUTRITIONNELLEMENT . SE REMETTRE A FAIRE A MANGER EN PRENANT SUR SON TEMPS D ECRAN PAR EXEMPLE. SANS PARLER DE L EXPLOITATION DES EMIGRES SANS PAPIERS…

ANNA
ANNA
il y a 12 jours

Pour ma part , je trouve que c’est ni plus , ni moins , de l’esclavage !
A Rennes , le soir , quand il pleut , c’est incroyable le nombre de vélo qui circulent , sans lumiére ni gilet , le nez sur le GPS !!
pour servir nos ptits bobos !

Chantal
Chantal
il y a 12 jours

Bonjour,
Je n’ai jamais utilisé ce type de livraison de repas.
Souvent j’ai même constaté des courses entre livreurs sur des routes dangereuses. A qui profite le crime ?
Il y a les invisibles, ceux dont on ne parle pas et qui meurent sans bruit parce qu’ils ont été effacés de la société.
Des scandales, des assassins et demain ? Quand le consommateur deviendra-t-il acteur de sa vie et conscient de l’impact
de ses choix sur autrui ? Nous.avons le pouvoir, un grand pouvoir pour amorcer le changement.

Michèle
Michèle
il y a 12 jours

Bonjour, Merci pour votre article mais je n’ai jamais voulu me servir de ce « service » s’il en est un. Je plains les pauvres livreurs et je ne pense pas (bien que je n’aie jamais essayé) que tout soit d’une qualité exceptionnelle !!! Je suis comme Betty, je fais tout moi-même et je m’y retrouve complètement tant sur le prix que sur la qualité et je n’escroque personne.

Betty
Betty
il y a 12 jours

J,’habite en pleine campagne et je dois dire que je n’ai jamais eu recours à ce système mais lorsqu’il m’est arrivé de voir ces pauvres garçons sur leur mobylette aller vite pour livrer des clients qui le plupart du temps ne leur donnait même pas 1 euro de pourboire, ça me faisait mal. Ke suis en retraite et je dois dire que je prépare mes plats moi même à la maison, j’épluche, je râpe, je râpe bref, ce que je mange est de qualité et faire la cuisine me défoule et me désénerve, alors je continue.

Fred Audibert-Michel
Fred Audibert-Michel
il y a 12 jours

Bonjour ! je n’y ai eu recours qu’en quelques rares occasions au début… puis j’ai arrêté net. En effet, c’est une forme d’exploitation moderne et j’appelle ça l’économie de la flemme.
On peut en revanche se poser des questions au sujet des migrants pour lesquelles c’est la quasi unique occasion de bosser. Oui mais à quel prix pour eux, pour les exploitants et pour notre société en général.
Merci à vous

Beam
Beam
il y a 12 jours

Merci beaucoup pour votre article. Pour les mêmes raisons que vous citez, nous n’avons jamais commencé…

Alexandrin
Alexandrin
il y a 12 jours

Ces sociétés de livraison couvrent un très vieux système de racket tribal très au point, interne aux diasporas immigrées, que ce soit des asiatiques ou des africains, mais susceptible de s’appliquer à tous les nouveaux entrants à l’intérieur du système.
Les premiers arrivés ou ceux qui sont en haut de la hiérarchie communautaire louent leur matériel à prix d’or, voire leur place en dortoir avec la complicité des marchands de sommeil, avec pour but de devenir eux-mêmes marchands de sommeil. Les derniers arrivés sont obligés d’utiliser le matériel qui fait l’objet du contrat à l’exception de tout autre, et de rémunérer pour ce faire un intermédiaire qui leur fournit ce « service ».
C’est une des raisons pour lesquelles je ne veux pas alimenter ce système qui conduit à l’implantation de mafias.
Je n’étais pas au courant des problèmes de qualité ainsi que de l’existence des faux restaurants.

Françoise
Françoise
il y a 12 jours

Je n’ai jamais fait livrer quoi que ce soit. Quand on travaille on peut très bien préparer le soir pour le lendemain, c’est une question d’organisation. La facilité de ce système se paye très cher pour la santé. Les jeunes générations préfèrent les écrans aux repas préparés à la maison : il faut éplucher !!!!! Hé oui !

Cécile
Cécile
il y a 12 jours

Très bonne décision. Personnellement, nous n’avons jamais été tentés par ces livraisons de repas.

Guy
Guy
il y a 12 jours

Personnellement, j habite à la campagne et bosse en ville. J ai toujours été dubitatif par la faignantise du consommateur se faisant livrer alors qu il a en ville assez souvent tout ce qu il veut autour de chez lui, peut etre le besoin de voir qu il, qu elle peut etre servi et donc qu il, quelle a du monde en dessous de lui, d elle? J aime voir ce que j achete en general et je cais le chercher, en même temps à la campagne je n ai pas ce luxe de trouver du « petit personnel » comme pourraient le dire certains. Alors oui, pourquoi continuer à laisser de l esclavage moderne braver toutes nos lois sociales, le codexdexla route et la morale de mettre en danger des gens dans la misere? Ces societes de livrai sons sont elles protegees et par qui? Alors qu elles creent 1 sous categorie de pauvres……Veut on revenir à l esclavage? A mediter par nos comtemporains et nos politiques.

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