Chère lectrice, cher lecteur,
En revenant d’un dîner chez des amis parisiens, je suis tombé sur une publicité assez étrange, et pourtant, d’utilité publique.
Vous savez à quel point je suis sceptique sur les campagnes de prévention médicales, qui je le trouve, ont été assez maladroites et mal ciblées ces dernières années — au mieux.
Il se trouve que nous avons tous un rôle à jouer là-dedans et il s’agit, pour ma part, de l’un de mes thèmes de prédilection.
En effet, l’obésité dans notre société est un problème croissant — sinon, comme le disent certains médecins et chercheurs, une épidémie.
Ce n’est pas seulement une question de choix personnels, mais de manque d’instruction de la population concernant ces problématiques.
Ce qui en fait une question sociale, qu’on le veuille ou non.
Car les populations les plus sujettes à l’obésité sont celles qui sont les plus exposées à la nourriture ultra-transformée, et aussi les moins à même d’être correctement informées sur ses méfaits.
Enfin, c’est encore pire quand on se rend compte que les premiers touchés sont les enfants des familles les moins aisées, dont les parents les nourrissent avec des aliments ultra-transformés… sans que ni les uns ni les autres ne connaissent leurs méfaits sur la santé.
D’ailleurs, il suffit de comparer l’état de santé des passants dans la rue aujourd’hui, à son équivalent d’il y a 50 ou 60 ans pour voir que la nourriture ultra-transformée représente un problème majeur de santé publique…
Mais comment s’en débarrasser ?
Le Lancet en quête de rédemption ?
On se souvient que le Lancet avait jadis la réputation d’être l’un des meilleurs journaux scientifiques du monde… jusqu’à ce qu’ils publient une étude bidouillée pendant la Pandémie, de façon à discréditer les protocoles alternatifs à l’injection expérimentale.
Cette publication demeure toutefois de qualité, et elle l’a prouvé très récemment lorsqu’elle a consacré son numéro de décembre dernier au rapport entre obésité et nourriture ultra-transformée, avec notamment un article spécialement consacré à l’enfance.
Les preuves sont là et sont bien établies : la malbouffe fait des obèses, et l’obésité infantile galopante est une menace tant pour l’individus directement concernés que pour la société entière.
Vous me direz peut-être que vous le saviez de longue date, mais cela n’est pas si évident en termes juridiques.
En effet, indiquer une responsabilité directe entre une maladie et sa cause est très complexe, surtout lorsque cette maladie touche des millions de personnes.
D’autant que les lois qui peuvent être issues de ces études (comme ce fut le cas sur l’amiante ou la cigarette) touchent des intérêts très puissants : ici, ceux de l’industrie agro-alimentaire et des laboratoires pharmaceutiques.
Hélas, cette nécessité soulignée par le Lancet de protéger l’enfance interroge notre conception de la société et pose des questions complexes, beaucoup plus que l’attendrissement que suggère un enfant coincé dans sa propre chair obèse…
3 questions qui dérangent
La malbouffe est le nom courant pour la nourriture ultra-transformée, c’est-à-dire ayant subi des transformations chimiques considérables et étant composée en grande partie d’adjuvants.
C’est quelque chose que nous devrions bannir de nos rayons de supermarché. Ou du moins, des publicités destinées aux enfants. Et pourtant, ce simple sujet pose des questions un peu plus complexes qu’il n’y paraît.
1/ Pouvons-nous nourrir aujourd’hui le monde entier avec de la nourriture de bonne qualité ? Ce n’est même pas sûr…
2/ L’interdiction d’aliments ayant une incidence avérée sur la santé est certes une excellente idée, mais lorsque l’OMS considère que la viande rouge ou la charcuterie sont inflammatoires et qu’elles favorisent l’apparition du cancer, cela doit-il nous conduire à leur interdiction ?
Nous voyons à quel point la liberté du citoyen est également précieuse en termes d’alimentation. Idem pour le fromage, que l’on pourrait considérer comme favorisant l’obésité…
3/ Dès lors que nous prenons le parti d’instruire les enfants en termes d’alimentations, nous rencontrons deux obstacles.
a/Sommes-nous sûrs que cette éducation à la nourriture respecte traditions culinaires nationales, régionales ou familiales ? Car au contraire, il s’agirait d’attaquer ni plus ni moins les cultures en question.
Vient ensuite la question subsidiaire :
b/ n’est-ce pas donner des goûts de luxe à des enfants dont les familles n’ont pas les moyens de les nourrir correctement ?
Méfiez-vous, ça va tomber !
Certes, en posant ces questions, je parais me faire l’avocat du diable. Mais je ne le crains pas, car j’ai toujours été un pourfendeur de la malbouffe (et cela ne va pas s’arrêter aujourd’hui).
Néanmoins, je veux porter à votre attention que le pouvoir que nous entendons retirer aux industriels sur nos vies, nous allons devoir le confier à l’État.
Or ceux qui tiennent l’État restent rarement impartiaux. S’ils arrêtent de favoriser une industrie, ils finissent tôt ou tard par en favoriser une autre à la place, car l’industrie, c’est l’argent, et sans argent, pas d’État !…
Si demain, nous interdisons la nourriture ultra-transformée pour que nos enfants mangent des insectes ou de la « fausse viande » à la cantine, nous n’y aurons pas gagné beaucoup au change…
Je ne peux donc qu’applaudir des deux mains si nous parvenons à faire interdire la nourriture ultra-transformée, car elle représente un problème de santé publique évident.
Néanmoins, la vigilance reste de mise, car l’ingérence de l’État dans le domaine de l’alimentation doit toujours être inspectée de très près…
Nos institutions nationales ne se sont pas du tout adaptées à la quantité folle de nourriture que nous recevons chaque jour du monde entier, sans arriver vraiment à en vérifier la qualité… comme j’en avais fait mention pour les produits asiatiques, par exemple.
Peut-être, aussi, que la meilleure solution reste de fournir une instruction assez solide aux enfants pour qu’ils veuillent d’eux-mêmes le meilleur et qu’ils gagnent assez d’argent pour pouvoir l’obtenir !
On a encore le droit de rêver…
En attendant, mangez bio si c’est possible, et évitez à tout prix les plats transformés et les snacks — surtout pour les enfants. Et pas de sucreries après le goûter.
Je serai très heureux de lire vos avis.
Louis Volta