Fin de la vie privée : ça va trop loin

Image représentant un vol de donnée et la fin de la vie privée

Chère lectrice, cher lecteur, 

Je vous écris aujourd’hui une petite bafouille pour vous dire en quelques mots mon exaspération (car il me faut tempérer ma fureur). 

En effet, vous le savez, depuis vingt ans, l’économie n’a cessé de se numériser, et cette tendance a atteint un pic définitif avec la séquence « Pandémie ». 

Depuis, le commerce réel n’est plus qu’une fraction du commerce numérique et non le contraire, comme c’était auparavant. Même le commerce de bouche finit par céder à cette tendance — j’en ai régulièrement parlé dans ces colonnes. 

Cependant, tout le système de l’économie numérique ne fonctionne que sur un seul principe : la sécurité. Et le fait est que l’État n’assure plus du tout cette sécurité. 

L’incurie étatique a même atteint un tel point que la seule raison pour laquelle les citoyens ne se retournent pas juridiquement contre lui est… la pure et simple crainte. 

C’est dire le niveau de confiance qui est aujourd’hui le nôtre… 

L’État laisse tout aller à vau l’eau

Les fuites de données officielles (souvent conservées par des organismes privés, mais incompétents) remettent en question la crédibilité même du commerce et de tous les rapports contractuels, désormais. 

Ce n’est même plus scandaleux, tant c’est récurrent. On se demande à force si l’État n’est pas complice, tant les affaires sont mises sous le tapis (sinon, disons-le, enterrées). 

On n’arrive même plus à suivre le rythme… et si vous ne montez pas vous-même un dossier destiné au tribunal, tout ça se perd. Google éclipse un scandale par un autre au fur et à mesure que les mois s’égrènent…

Fin janvier, la direction générale des finances a été piratée, donnant lieu au piratage des données de 1,2 millions de comptes bancaires, ce qui facilite grandement « l’arnaque aux conseillers bancaires », ou vishing.

En somme, quelqu’un se fait passer pour votre conseiller bancaire et il vous vole, purement et simplement, en général en vous demandant vos clefs d’accès pour faire un transfert urgent ou pour des raisons de sécurité… 

La réalité est que vous ne pouvez même donc plus faire confiance aux banques… Elles confient leurs données à l’État et ce dernier n’est même plus capable de les protéger ! 

D’ailleurs, que fait l’État pour cela ? A-t-il renforcé les dispositifs nécessaires ? Où en sont les enquêtes qu’il diligente dans la plus grande discrétion ? On n’en a jamais la moindre nouvelle. 

La fin du secret médical est actée

De la même façon, il y a eu une rupture majeure du secret médical, et qui annonce sa fin pure et simple, avec l’effraction de 15 millions de comptes et de leurs données de base (adresse, numéro de téléphone…), sur le serveur utilisé par les médecins libéraux. 

Sur ces 15 millions de comptes, 169 000 ont été piratés encore plus « profondément » avec l’accès à tous les dossiers médicaux qu’ils comportaient…

Vous êtes malade chronique ? Vous avez des problèmes psychiatriques ? Ou une petite dépression ? Un problème au foie ? 

Tout le monde connaît vos problèmes de santé désormais, surtout votre banque et votre mutuelle, qui auront racheté les données en sous-main… 

Sauf que notre société ne peut pas tenir de cette façon, parce qu’elle ne peut pas persister sans confiance.  

Et notamment, sans confiance dans l’État. C’est lui qui garantit que vous pouvez laisser l’argent sur votre compte, et que vous pouvez avoir pleinement confiance dans votre médecin. 

Ce sont donc les fondements mêmes de la société qui vacillent… simplement par absence de surveillance suffisante du domaine numérique.

Attendrir la viande ? ou racler les fonds de tiroir ? 

Cela pourrait être les deux, hélas. 

Imaginez que, par méfiance envers les banques, vous décidiez de convertir votre épargne en crypto-monnaies. Vous n’êtes tout de même pas à l’abri. 

À ce titre, Ghalia C. fonctionnaire des impôts, a été récemment écrouée pour une affaire assez particulière. 

En effet, elle se servait des bases de données fiscales du ministère des finances pour faire du chantage et de l’extorsion. 

N’arrivant pas à ses fins avec un gardien de prison, elle a fait intervenir le crime organisé, ce qui a donné lieu à une agression violente au domicile de sa cible. Ghalia C. n’a jamais dévoilé pour qui elle travaillait… 

Mais au moins, on comprend (à demi-mot seulement…) qu’elle a été révoquée de son poste. 

Cela en dit malheureusement beaucoup trop long sur l’attitude du gouvernement à l’égard du citoyen, face à la fuite des données sensibles. 

En laissant les données se produire, et en ne faisant pas en sorte de les prévenir, le gouvernement laisse le bon peuple s’habituer à être victime, et à tenir sa propre sécurité comme un luxe…

Mais si l’État n’assure ni la sécurité, ni la prospérité, à quoi sert-il ? 

À oppresser. 

C’est le plus grave en ce moment (et tout le monde regarde ailleurs) 

Notez, je vous prie, que cette mentalité qui consiste à dire « soyez contents de ce que vous avez et de pouvoir le garder », est plus le propre d’une mafia ou d’un État autoritaire que d’un « État de droit ».

Cela laisse entendre que la propriété n’est pas un droit inaliénable mais conditionné par les caprices de nos dirigeants…

Ensuite, il y a la question qu’on ne veut pas se poser : à qui profite le crime ? 

Aux banques, aux mutuelles ? assurément. 

À l’État lui-même, qui utilise de moyens impropres et déloyaux pour accroître sa surveillance ? 

Il y a lieu de se poser la question… 

Quand l’État est capable d’embaucher une fonctionnaire véreuse qui profite de l’extorsion des données pour en arriver à de l’extorsion de fonds et au racket, cela signifie quelque chose d’insoutenable. 

Cela signifie que l’État donne le sentiment à ses propres fonctionnaires que l’impunité est totale. Les petits fonctionnaires ne faisant qu’imiter une ambiguïté qui est la norme en haut lieu. 

C’est donc toute la hiérarchie technocratique qui montre ici la corruption qui la gangrène

Des enquêtes énormes devraient être entreprises sur ces questions critiques pour la sécurité du pays que sont les fuites de données. Le fait que cela ne soit pas devenu le sujet n°1 des médias est inquiétant, au plus haut point. 

Il y a quelque chose de pourri en République française, et qui grève sa légitimité chaque jour qui passe. Mais comme d’habitude, c’est l’omerta qui prévaut… ou son équivalent désormais, le « (ne faisons) pas de vague ».  

La seule solution que je voie est de sortir autant que possible du système bancaire et (si vous y arrivez) de convenir avec votre médecin de ne pas mettre en ligne vos données médicales. 

Pouvoir aller à l’étranger pour y laisser votre argent et vous faire soigner reste un luxe. Il ne nous reste d’autre choix que de faire pression sur les pouvoirs publics, je le crains… 

J’ai hâte de vous lire. 

Louis Volta 


Sources [1] https://www.20minutes.fr/societe/4202333-20260219-raisons-flipper-apres-piratage-massif-donnees-bancaires-bercy — Mickaël Libert, « Avez-vous des raisons de flipper après le piratage massif de données bancaires à Bercy ? » in 20 minutes, 19 février 2026

[2] https://www.france24.com/fr/france/20260227-données-médicales-15-millions-de-français-piratées-santé-cyberattaque — « Les données personnelles de 15 millions de patients piratées en France » in France 24, 27 février 2026

[3] https://fr.finance.yahoo.com/actualites/enlèvements-crypto-france-agente-fisc-123000382.html?guccounter=1&guce_referrer=aHR0cHM6Ly93d3cuZ29vZ2xlLmNvbS8&guce_referrer_sig=AQAAAAkm_acz9hKMBZtcOsL7iuvgHrLJ-9eu74h8xDTFOqpNndtpgolgxNQoGAL54eLY9g9MT7sv4rQz6ncLIXo5VUIL1smVay70U8zoD9WY86GQLTK-P2qDiBg-fS2jIjU5faHa4LK1DATeX85Vf80ZGNxRTUhWq8oZaeId3H-ynh-4 — Laure Elizabeth Iacoucci « Enlèvements crypto en France : une agente du fisc livrait les infos des victimes » in Yahoo !Finance, 9 janvier 2026

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