Le business de la panique

Chère lectrice, cher lecteur,

Je ne sais pas si ça a été le cas pour vous, mais pour moi, la pandémie a été un tournant particulièrement important en termes de prise de conscience citoyenne.

Et ce fut notamment le cas pour ce qui était des réserves alimentaires…

En effet, je me souviens que durant la Guerre du Golfe de 1990-1991, beaucoup de gens avaient engrangé beaucoup de réserves inutiles et que l’on se moquait d’eux…

Pourtant, pendant la pandémie, la défiance vis-à-vis de l’État est arrivée à son comble… et j’ai beaucoup accumulé !  

J’ai notamment acheté — assez idiotement, je le reconnais — des produits dont je ne savais même pas vraiment me servir, que je n’avais pas le temps d’apprendre à utiliser, et qui ne m’ont même pas servi.

Par exemple, des panneaux solaires de secours, du matériel d’accumulation d’énergie, des filtres à eau trop complexes…

Bon, il est vrai que j’ai eu quelques lubies, mais heureusement, je n’y ai pas perdu mes sous-vêtements.

Une assurance efficace, tant que vous maîtrisez les coûts

En fait, tout ce que j’ai acheté d’avance, je l’ai fait pour me rassurer. Et ça a marché !

Pour ce qui était du matériel électronique, il a fini par me servir tôt ou tard, même si certains produits étaient quelque peu défectueux…

Pour ce qui est de la nourriture, je n’ai pu me résoudre à tout avaler, je l’ai donc donnée à des malheureux qui vivaient non loin de chez moi.

Et je dois vous le confesser, autant j’étais heureux d’accumuler pour me rassurer, autant vider mon appartement de tout le superflu m’a considérablement allégé — ce fut un grand soulagement… 

Mais désormais que le spectre de la guerre est de retour, je dois l’admettre, je suis beaucoup plus sceptique…

Survivalisme ou autonomie ?

Plus simplement qu’il n’y paraît, il y deux façons de vous détacher du « système » de la consommation.

Certains préfèrent parler de survivalisme, d’autres d’autonomie. Il y a une tonalité plus masculine dans le premier cas, plus féminine dans le second, mais on parle de la même chose.

Dans les deux cas, il y a un rejet du système de la consommation qui pousse à travailler toujours plus, pour un confort toujours plus incertain.

L’idée centrale reste donc, pour beaucoup de nos concitoyens, de se retirer de la vie citadine trépidante et affreusement coûteuse, afin de se rabattre sur une vie plus rurale.

D’un côté, le survivalisme part du principe que, historiquement, les villes se sont toujours retrouvées dans des situations désespérées.

Pendant la Commune, en 1871, les Parisiens ont mangé tous les rats qui osaient rester dans la ville, à cause de la famine.

Après l’invasion allemande, durant la Seconde Guerre mondiale, toujours à Paris, beaucoup ont maigri ou sont morts de maladie pour n’avoir pas eu de quoi bien se chauffer…

En somme, la ville est fragile, la campagne résistante — il est donc avantageux de pouvoir se replier.

D’autre part, les partisans de « l’autonomie », refusent le système de consommation et ses valeurs superficielles pour retrouver un mode de vie plus sain, avec notamment une autonomie alimentaire accrue.

Après tout, la meilleure nourriture est celle que l’on produit soi-même !

Toutefois, rien qu’à l’idée de retourner un lapin pour le cuisiner, ma compagne a des haut-le-cœur — n’est pas rural qui veut !

Le retour à la nature ne s’improvise pas

Vraiment, le retour à la campagne, ou même la possibilité de s’y rendre de façon régulière me paraît plus que recommandé…

Du moins si vous choisissez une campagne ou les épandages ne sont pas trop considérables, car il y a aussi une pollution rurale, pas beaucoup moins toxique que celle de la ville.

Le mieux est aussi de pouvoir y élever ses enfants ou d’y recevoir ses petits-enfants, car ils peuvent jouer dans un environnement plus sain et moins dangereux que ne sont devenues les villes aujourd’hui…

Maintenant, je ne vais pas critiquer les personnes qui décident de se défendre elles-mêmes, et qui veulent accumuler quelques réserves de nourriture.

C’est un geste parfaitement raisonnable, surtout en période d’instabilité géopolitique…

Toutefois, il faut regarder les choses en face : la panique est un business.

Misez sur les mouvements de foule, ça rapporte toujours…

Il y a toute une presse qui s’est créée autour du phénomène de la « résilience » en France, et qui est presque toujours passionnante à lire.

En effet, elle permet d’échapper à cette tendance bien citadine de toujours payer plus cher pour des produits toujours moins qualitatifs.

Après tout, il n’est guère étonnant que les meilleurs « plans » pour bien manger et économiser de l’argent se retrouvent sous la plume de ceux qui y consacrent leur existence.  

Toutefois, aux États-Unis, où les phénomènes de société ne tardent plus à arriver en France, on vous vend du catastrophisme à la pelle.

Le but est de vous effrayer, et ce discours est parfois relayé par les médias eux-mêmes.

Vous avez ainsi un trublion professionnel qui fait croire aux Américains qu’ils vont se retrouver en manque d’essence…[1] alors que les États-Unis sont aujourd’hui le premier producteur au monde ![2]

Or soyons clairs : la panique est un business où les médias ayant pignon sur rue sont eux-mêmes partie prenante.

Car lorsque les Français paniquent, ils achètent beaucoup, ce qui représente des consommations excessives. D’autant plus excessives qu’elles ne servent pas toutes…

Après tout, qui a envie de manger de la conserve lorsque vous pouvez avoir des fruits et des légumes frais, voire de la viande et de la volaille toute neuve ?

La campagne, ça nous gagne

Il paraît donc impératif d’anticiper vos achats importants, d’avoir quelques réserves en cas de besoin, et surtout, de prendre un petit pied-à-terre à la campagne si vous en avez les moyens…

Après coup, ce n’est pas tant le prix de la maison qui pèse le plus, mais les dépenses et les efforts pour l’entretien, car tout se détériore plus vite sous la contrainte de la nature. Je vous en reparlerai bientôt.

Le fait est qu’aujourd’hui, lorsque vous vivez à la campagne, vous faites baisser vos dépenses alimentaires… et aussi le coût de vos sorties. Mais la ville reste aussi souvent nécessaire, pour ne pas s’isoler complètement. Il y a donc un équilibre à trouver.

L’essentiel, aujourd’hui, est surtout de continuer à avoir une bonne vie, saine et sans trop de craintes. Et les prix actuels ne sont guère rassurants sur l’avenir.

Il est loin le temps où l’on se moquait de ceux qui vous confiaient avoir acheté des poules pour avoir leurs propres œufs !

Et vous, vous avez une « base de repli » ? N’hésitez pas à nous faire part de vos meilleurs conseils pour dénouer votre dépendance au « système ».

Rappelez-vous : l’information est la meilleure défense de votre porte-monnaie !

Louis Volta


Sources [1] https://rumble.com/v77ncig-food-and-fuel-rationing-coming-next.html

[2] https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/03/20/petrole-l-essor-de-la-production-americaine-met-a-mal-l-influence-de-l-opep_6223019_3234.html#:~:text=Plus%20les%20Etats%2DUnis,les%20prix%20vers%20le%20haut. — Adrien Pécout « Les Etats-Unis, premier producteur mondial de pétrole, mettent à mal l’influence de l’OPEP » in Le Monde, 20 mars 2024

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Brigitte M.
Brigitte M.
il y a 2 heures

Bonjour, le mieux, c’est d’abord de ne pas paniquer et de vérifier les dites informations – car on entend tout et n’importe quoi! Et de se protéger autant que possible sur le plan immunitaire (les aliments sont là pour ça). Après, si vous pouvez, comme moi, vivre dans une petite ville à la campagne (pas stressante, contrairement à une grande), c’est encore mieux! Car j’ai la chance de disposer des atouts culturels et sportifs d’une ville (théâtre, centre aquatique, tennis club…) tout en ayant la possibilité de « m’évader » dans une forêt voisine ou en bord de mer! Au début, je regrettais d’avoir quitté Paris, mais je peux vous certifier qu’aujourd’hui, ce n’est plus le cas – surtout quand je vois tout ce qu’il s’y passe! Alors, bon courage aux citadins!

Jean-Louis
Jean-Louis
il y a 3 heures

L’une de mes méthodes: éviter de vivre dans un endroit inondable ou sous le vent d’une centrale nucléaire ou sous ses eaux de ruissellement (ce qui n’est généralement dans la même direction). Idem vis a vis des usines Seveso ou autre pollution (agricole…).
Récemment, avec les inondations, étonné que personne ne préconise de « mastiquer » les portes ou fenêtres basses, ce qui évite le plus gros des dégâts. Une simple planche, devant un portail refoule le plus gros d’un flot d’eau.
Lorsque j’étais en bord de mer (et même depuis), la voiture toujours garée vers l’intérieur des terres ou la sortie, pas de manœuvre dans la panique ou la tempête…
Un extincteur dans la voiture, un autre proche de la cheminée (pas trop loin ni caché) et un petit facilement maniable, il est plus efficace d’agir vite avant que le feu ne prenne de l’ampleur.
La trousse d’urgence avec des produits clairement identifiés (si la vue est brouillée, on peut se tromper de produit et le remède devient pire que le mal !)

Isabelle
Isabelle
il y a 5 heures

Oui moi aussi je fais des réserves mais uniquement des choses que je mange habituellement : pois cassés, lentilles, mais, biscottes, etc. Et je fais tourner ces réserves en les utilisant au fur et à mesure et en les remplaçant. Je fais des confitures, des gâteaux, des biscuits, je fais un petit potager, j’ai planté des arbres fruitiers dans mon jardin… On a oublié ces gestes simples. On compte toujours sur le supermarché pour s’approvisionner, mais au cas où que se passe-t-il ? Dans certaines villes, on n’a que 2 jours d’avance pour nourrir tous les citadins. Je trouve que c’est très anxiogène. D’autre part, les villes ne cessent de grandir, et il n’y a rien qui assure une certaine subsistance : pas d’agriculteur, pas de maraîcher, pas de récupération d’eau, pas de panneau solaire, etc. Je pense qu’il faudrait se poser les bonnes questions.

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