Chère lectrice, cher lecteur,
La pollution chimique est désormais partout.
Elle est dans l’air, dans la nourriture, mais aussi dans l’eau, et sans boire, vous ne tenez pas trois jours.
Mais peut-être faites-vous partie de ces « passionnés » équipés de filtres à eau chez eux. De ceux qui les emmènent même en vacances !
Contrairement à ce que croit encore la masse, ils ne sont pas devenus paranoïaques… il y a bien un problème avec l’eau, et pas un petit.

Les jeunes deviennent-ils des « mutants » ?
Sans aller jusqu’à porter sa maison sur son dos à chaque déplacement, il faut reconnaître que le problème de la pollution de l’eau est réel. Et ça veut dire que si vous voulez rester en bonne santé, vous devez en tenir compte.
C’est même peut-être vital, car le corps humain est lourdement affecté par les perturbateurs endocriniens qui entrent dans la composition de nombreux plastiques et des pesticides.
Sont en particulier ciblées les personnes les plus âgées et les plus jeunes.
Les premières sont plus susceptibles d’être affectées par des cancers et les dégénérescences. Les secondes sont atteintes dans leur croissance.
Corinne Lalo, spécialiste de la question, l’avait fait remarquer dans une interview à Alternatif Bien-Être : cela joue un rôle non-négligeable dans les problèmes hormonaux actuels des jeunes générations, beaucoup plus impactées que les précédentes.
Le souci de la reproduction animale (et par extension humaine) était déjà au cœur du rapport du Sénat sur la question des perturbateurs endocriniens[1], dès 2011.
La situation, encore supportable à ce moment-là, est devenue depuis nettement plus préoccupante.
Haro sur l’eau minérale !
Produit de luxe, autrefois consommée uniquement au restaurant, l’eau minérale s’est démocratisée depuis un demi-siècle, notamment avec ses emballages plastiques.
Ils sont en PET, un plastique qui ne contient pas en lui-même des phtalates, qui sont des perturbateurs endocriniens dangereux.
Cependant, la consommation de microplastiques a été pointée du doigt, car il est inévitable que des molécules du contenant se retrouvent dans le contenu.
Il faut donc prendre au sérieux la recommandation de ne pas conserver les bouteilles trop longtemps, dans un endroit odorant, trop chaud, trop humide, ou au soleil…

A ce propos, une étude américaine, publiée le 8 janvier 2024, avait démontré que l’on retrouvait une moyenne de 240 000 particules de plastique par litre d’eau minérale[2].
Malgré l’énormité du chiffre, il est à relativiser : cette étude entendait recenser la totalité des particules plastiques que l’on retrouve dans l’eau minérale.
La majorité de ces particules sont des nanoparticules inférieures à un milliardième de mètre. Ce qui signifie des quantités dérisoires.
De plus, cette étude a été faite sur de l’eau minérale américaine, qui n’est pas soumise aux mêmes contrôles ni aux mêmes règles que l’eau minérale en Europe (au grand dam des consommateurs outre-Atlantique, d’ailleurs).
Les plastiques contenus dans l’eau appartiennent moins aux emballages qu’aux procédés de pompage et de filtrage… qui sont exactement les mêmes que pour l’eau du robinet !
Nestlé attaqué de toutes parts
Il est notable que, tout au long de cette année 2024, l’eau minérale a été régulièrement attaquée dans les médias.
En particulier les eaux Nestlé, qui ont bénéficié d’une évidente complaisance des pouvoirs publics français, puisque la plupart de leurs sources se situent en France.
Il faut le reconnaître : Nestlé se retrouve dans une situation dominante. Il représente un tiers du marché des eaux minérales, avec des marques telles que Perrier, Hépar, Contrex, Vittel et San Pellegrino, en plus d’Aquarius, l’eau « maison ».
Le groupe a été accusé, tout ensemble, de vendre des eaux
- contaminées à l’arsenic[3]
- contenant des polluants éternels[4] (PFAS, appelés de la sorte parce qu’ils ne se dégradent pas naturellement)
- infectées par E. Coli, des entérocoques et autres bactéries coliques[5].
L’accusation d’intoxication à l’arsenic tirerait son origine du fait qu’une partie des eaux ne serait pas traitée, pour être ensuite mélangée aux eaux traitées. L’eau de Vittel qui est visée serait 40% au-dessus des seuils acceptables pour sa teneur dans ce métal lourd.
Comme si ce n’était pas assez, Nestlé est attaquée pour avoir bénéficié de la complaisance des autorités locales. Il s’est livré à des forages illégaux dans les Vosges entre 1992 et 2019, pour un total de 19 milliards de litres d’eau[6].
L’eau du robinet a le vent en poupe… chez les journalistes
Les torts de Nestlé sont clairs, cependant ils servent de prétexte pour discréditer une eau en bouteille qui, elle, ne contient pas (ou très peu) de perturbateurs endocriniens.
Il est vrai que l’eau courante est beaucoup moins chère que l’eau minérale, notamment à cause du contenant, les bouteilles plastiques coûtant de plus en plus cher à produire avec la montée des prix du pétrole.
Il faut aussi reconnaître que l’eau du robinet est moins dangereuse qu’elle a pu l’être il y a une quinzaine d’années, lorsque certaines communes la blanchissaient à l’aluminium.
Pouvez-vous pour autant boire l’eau du robinet les yeux fermés ? Pas vraiment.

L’absence de danger que le Sénat avait avérée sur la qualité de l’eau, pour la teneur en perturbateurs endocriniens, dans son rapport de 2011, n’est plus qu’un lointain souvenir.
Le dernier rapport de Générations Futures sur la question, qui date de 2019 et qui a servi de base aux organismes officiels, a jugé la situation « inquiétante »[7], malgré les conclusions rassurantes qui en ont été tirées, tant par les acteurs économiques que la presse.
Cela se voit : ils ne jouent pas franc-jeu avec vous, et ils ont un parti pris tout à fait questionnable.
Est-ce une classique acrimonie à l’égard d’une multinationale agro-alimentaire, Nestlé ? Une « plasticophobie » rabique sécrétée par un écologisme partial ?
Ou une complaisance sur les effets œstrogéniques des perturbateurs endocriniens ? Lesquels féminiseraient, et donc « adouciraient » la société, selon un imaginaire désormais par trop répandu ?
Il est logique de se poser la question, surtout lorsque des chercheurs américains « s’amusent » à injecter des hormones féminines en vue d’accroître la tolérance politique de la population[8].
Toujours est-il que, sceptiques devant les inclinations journalistiques, les adeptes des filtres à eau ne cessent de se multiplier.
Les filtres à eau victimes de leur succès
Les filtres à eau représentent aujourd’hui un marché considérable. On y voit, comme sur celui de l’informatique, émerger des centaines de marques éphémères – une par usine apparemment !
Ce débridement de l’offre est la conséquence de l’attaque qu’a subi, aux Etats-Unis, le leader même du marché, Berkey.
Cette marque est devenue célèbre depuis les années de la crise sanitaire. Elle a tiré bénéfice de la méfiance croissante envers les pouvoirs publics et les acteurs économiques d’importance.
Au point qu’il fallait quelques fois attendre des mois pour pouvoir se procurer le moindre de leurs produits. À présent, la marque est victime de son succès.
En effet, elle utilise des filtres contenant des particules d’argent, un métal dont les propriétés antibactériennes sont connues depuis toujours et solidement avérées.
Ce qui a donné le bâton pour se faire battre à l’administration américaine, qui ne l’apprécie guère. Celle-ci a donc décidé que les produits Berkey devraient être marqués comme étant dangereux pour l’environnement (en tant que déchets).
L’État américain n’adore pas les survivalistes (et c’est réciproque)
Pour sa part, l’entreprise fait valoir que de telles mentions feraient fuir les clients, en leur donnant l’impression d’acheter un produit dangereux, alors que les filtres sont justement conçus pour éviter tout danger pour le consommateur[9].
Ici, c’est plutôt Berkey qui manque d’intelligence, lorsque l’entreprise reconnaît, sur sa propre page de justification, avoir été recommandée par le survivaliste Mike Adams. Il en a régulièrement fait la promotion et n’est pas pour rien dans son succès.
Néanmoins Adams, militant radical, est l’ennemi déclaré de l’administration américaine et de la nomenklatura démocrate, qui lui voue des sentiments réciproques.
Ce professionnel de l’alarmisme a entre autres le privilège d’être le personnage le plus honni de l’encyclopédie Wikipédia, dont l’orientation, sur les questions contemporaines, est elle aussi démocrate.
L’hostilité à son encontre est telle que même sous le second mandat de Trump, la réhabilitation de la célèbre marque de filtres n’est nullement garantie…
Les entreprises concurrentes n’ont pas tardé à fleurir, ou même à refleurir, comme British Berkefeld, cette très ancienne entreprise qui se prévaut d’avoir inventé un filtre à eau pour l’impératrice Victoria, dès la fin du XIXe siècle !
Sur les filtres, méfiez-vous
Mais les autres marques ne prétendent pas toutes, loin de là, avoir la même efficacité que Berkey. Certains filtres à eau ne servent qu’à se débarrasser des toxiques, non pas des micro-organismes dangereux, moins encore des perturbateurs endocriniens.
Donc, quitte à vous équiper, protégez-vous de tout, même et surtout des perturbateurs endocriniens. Il sera toujours possible de reminéraliser l’eau, comme Berkey le proposait, avec des kits de pierres spécialement sélectionnées à cette fin.

De mon côté, j’ai préféré me mettre au bricolage ! Avec deux marmites empilables en inox, trois trous suffisent : l’un pour ajouter un robinet dans le récipient bas, les deux autres pour y emboîter les filtres à charbon et céramique (debout, dans le récipient supérieur).
Ma faveur va aux filtres « élite » de chez Doulton, qui retiennent les parasites, les bactéries, jusqu’aux micro-organismes les plus petits, les odeurs et le goût désagréable, mais aussi les métaux lourds.
Comme ils sont aux normes NSF 42 et 53, cela signifie aussi qu’en les utilisant, vous êtes protégé pour l’essentiel des perturbateurs endocriniens. Ce qui est désormais une priorité, surtout quand l’on sait qu’un herbicide aussi dangereux que l’atrazine, interdit en 2004 dans les exploitations européennes, se retrouve encore dans les nappes phréatiques…
Et n’oubliez pas, rien n’est plus précieux que votre santé,
Louis Volta
[1] https://www.senat.fr/rap/r10-765/r10-76527.html [2] N. Qian, X. Gao, X. Lang, H. Deng, T.M. Bratu, Q. Chen, P. Stapleton, B. Yan, W. Min, Rapid single-particle chemical imaging of nanoplastics by SRS microscopy, Proc. Natl. Acad. Sci. U.S.A. [3] https://www.lindependant.fr/2024/10/31/scandale-nestle-une-augmentation-allant-jusqua-40-plusieurs-des-eaux-en-bouteilles-vendues-par-la-multinationale-suisse-feraient-lobjet-dune-12296030.php [4] https://www.lindependant.fr/2024/09/25/traitements-interdits-dans-les-eaux-minerales-long-foodwatch-va-deposer-deux-nouvelles-plaintes-contre-nestle-et-le-groupe-alma-12219759.php [5] https://www.francetvinfo.fr/sante/info-franceinfo-hepar-perrier-vittel-contrex-la-qualite-sanitaire-des-eaux-du-groupe-nestle-pas-garantie-selon-une-expertise-remise-au-gouvernement_6465164.html [6] https://www.humanite.fr/environnement/enquete/nestle-vise-dans-une-deuxieme-enquete-pour-des-forages-illegaux-dans-les-vosges [7] https://www.generations-futures.fr/wp-content/uploads/2020/06/exppert-12-eau-version-finale.pdf [8] N. Marsh, D. Scheele, J.S. Feinstein, H. Gerhardt, S. Strang, W. Maier, R. Hurlemann, Oxytocin-enforced norm compliance reduces xenophobic outgroup rejection, Proc. Natl. Acad. Sci. U.S.A. [9] https://pure-berkey.eu/fr/faq/article/traduction-des-jugements-berkey-amp-l-rsquo-epa
2 réponses
Vous ne parlez pas de l’eau évaporée. Bien sûr ça utilise de l’énergie, ce qui n’est pas économique, mais le soleil est gratuit et peut être utilisé. Donc que dire de l’eau évaporée ? Peut-on la boire tous les jours? Quels sont les polluants susceptibles de se retrouver dans l’eau évaporée ? Que dire des matériaux utilisés ? Verre, acier, conduites en plastique souple, réservoirs… existe-t-il des études sérieuses sur l’enzyme évaporée ? Merci et salutations cordiales.
Pardon: sur l’eau évaporée