Chère lectrice, cher lecteur,
Les fraudes, c’est l’envers de la consommation. Donc tant qu’il y a consommation… il y a fraude !
Notre société de consommation évolue selon deux facteurs : il y a la mode, qui est l’évolution du style ; et il y a la « technologie », qui est l’avancement technique.
Niveau fraude, nous avons affaire à trois types de cas :
- La contrefaçon, c’est quand on « fraude la mode », ou du moins que l’on vend des articles frauduleux, en vendant trop cher au client et en ne payant pas ce qui lui revient au créateur d’un modèle.
- Le frelatage, qui consiste à mentir sur la qualité du produit, ou à passer sous silence son illégalité.
- Les fraudes « technologiques » dans lesquelles, comme je vous l’ai écrit récemment, l’IA prend de plus en plus de place…
Ces fraudes peuvent vous gâcher la vie, vous faire perdre votre épargne, voire vous coûter des années de procédures et de litige.
D’autant que, quand ça vous arrive, vous avez l’impression que vous êtes tombé dans « une crevasse du système », que personne ne veut régler votre problème ni vous venir en aide.
C’est pour cela qu’il faut être très au courant des dangers liés à la fraude numérique. Parce qu’on y joue beaucoup.
Le tabou absolu du « monde d’après »
La fraude numérique repose sur un élément tabou, et qui l’est devenu encore plus à partir de la pandémie.
Il s’agit du tabou fondateur du « monde d’après » : notre dépendance absolue à l’univers numérique.
En effet, nous avons tendance à cacher le numérique dans ce monde, comme nous cachons les câbles électriques en décoration. Nous voulons croire que « l’humain prime sur la technologie » !
Et de fait, c’est une réalité : malgré l’avancement technique, notre société de consommation ne change pas : nous achetons toujours des signes de modernité qui déterminent notre statut social.
La société reste donc avant tout humaine, malgré l’énorme machine qui la soutient. Et c’est là que la fraude technologique est un véritable cauchemar : parce que nous tombons dans les entrailles infernales de notre monde…
Des entrailles qui peuvent bien nous engloutir en quelques minutes, si vous vous faites pirater votre compte en banque ou si votre interlocuteur est véreux…
D’autant que les techniques sont parfois indétectables, comme ces faux messages texte envoyés il y a quelques temps en guise de contravention, et que rien ne pouvait les distinguer a priori d’un message officiel[1].
L’usurpation d’identité, c’est le pire
La gendarmerie de la Somme, dans le nord de la France, a insisté dernièrement sur ce type de fraude, car elle est devenue fréquente en plus d’être très dangereuse : celle de l’interversion de cartes à puce, le « SIM swapping »[2].
En un mot comme en cent, les pirates ont acté qu’il y a maintenant des systèmes de double identification partout. En effet, vous ne pouvez plus acheter un article sur internet sans passer par votre application bancaire.
Or pour contourner ce problème, les pirates informatiques se sont rendu compte qu’ils pouvaient récupérer votre identité en demandant une carte SIM de plus auprès de votre opérateur.
Dès lors, ils peuvent accéder à un double de votre téléphone et vider votre compte en banque en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire…
Mais ce n’est pas la seule arnaque « à l’identité ».
Vous pouvez aussi prendre une location auprès d’un faux propriétaire, en fait locataire, qui a fait signer plusieurs baux à plusieurs clients différents avant de se carapater ![3]
Cette arnaque au « bail fantôme » peut bien sûr vous coûter vos vacances…
Cependant, on peut aussi s’interroger sur le souci qu’elle peut causer aux propriétaires quand des squatteurs qui s’installent en toute bonne foi dans les lieux sans avoir aucune raison valable de les quitter…
Qui est responsable ?
Pour ne pas se faire avoir, il y a bien des solutions. Mais la plupart des recours juridiques sont longs et coûteux. Et même quand la banque vous garantit qu’elle vous protège, je vous recommande de ne pas avoir affaire à elle…
Le fait est que vous devez faire très attention, dès que vous recevez un SMS ou un courriel, et regarder qui vous l’envoie, surtout s’il a l’air officiel.
Si effectivement, l’adresse correspond à l’un de vos réseaux sociaux, et que l’on vous demande si vous êtes à l’initiative d’une action inhabituelle, répondez que non.
Ça veut dire que quelqu’un essaie de franchir le système de la double identification sans votre consentement.
Ou encore qu’il essaie d’obtenir des doubles de vos identifiants ou de votre carte à puce par exemple, comme dans le « SIM swapping ».
Méfiez-vous des textos inopinés
Autrement, il arrive souvent que vous receviez des courriels ou des messages téléphoniques de correspondants qui entendent être fiables : soit des grosses entreprises, soit l’État…
Les textos et les courriels qui prêtent le plus à confusion sont ceux qui ont trait aux péages (comme Ulys) ou aux contraventions, comme Antaï. A priori, si vous devez recevoir une amende, vous la recevez sur papier.
Quant aux trajets payants et surveillés, comme celui sur l’A13, le courriel de paiement que vous recevez après coup est en principe très précis sur les montants, les horaires et l’immatriculation du véhicule.
Ce sont aussi des éléments que vous devez regarder attentivement en cas d’amende venue de l’étranger.
La plupart des courriels que vous recevez venant d’un interlocuteur frauduleux ne possèdent pas, dans leur adresse d’expédition, le nom de l’entreprise en question. Il s’agit de mails aux adresses imprononçables et introuvables.
Donc si vous recevez un faux mail de l’État, d’Enedis, d’un énergéticien quelconque, d’une entreprise de téléphonie mobile, d’internet ou même d’une entreprise de péage, regardez toujours attentivement l’adresse d’expédition.
Ne payez jamais en carte bleue quand vous recevez un mail, surtout lorsqu’il réclame un surcoût quelconque. Tant que vous n’avez pas d’interlocuteur fiable au téléphone ou de courrier de référence sous la main, ne payez rien.
Ce qu’il faut bien garder en tête, c’est qu’il n’y a pas véritablement d’urgence à payer quoi que ce soit si vous n’avez pas reçu un courrier bien spécifique.
Or les pirates et autres fraudeurs jouent principalement sur le sentiment d’urgence. N’agissez jamais avec précipitation, surtout quand il faut sortir votre carte bleue !
N’hésitez pas à me faire part de vos expériences, car moi, comme vous, je me suis déjà fait avoir… Hâte de vous lire à ce propos !
Louis Volta
Sources
[1] https://www.youtube.com/watch?v=6Jv0EzXdQbk
[2] https://rmc.bfmtv.com/conso/arnaques/l-escroquerie-qui-vide-vos-comptes-en-60-secondes-c-est-quoi-l-arnaque-du-sim-swapping-qui-reprend-de-l-ampleur_AN-202609040417.html — Emma Forton, « « L’escroquerie qui vide vos comptes en 60 secondes »: c’est quoi l’arnaque du SIM swapping, qui reprend de l’ampleur? »
[3] https://rmc.bfmtv.com/conso/arnaques/location-c-est-quoi-l-arnaque-au-bail-fantome-qui-peut-vous-couter-tres-cher_AN-202607070730.html — Emma Forton, « Location: c’est quoi l’arnaque au « bail fantôme » qui peut vous coûter très cher? » in BFM, 7 juillet 2026