Chère lectrice, cher lecteur,
Le fromage était jadis un petit plaisir à la française, bien significatif de notre mode de vie. Et donc, il n’était pas cher.
D’ailleurs, le fromage « industriel » (par opposition aux méthodes artisanales), disponible en grande surface, permettait à chacun d’acheter le sien, même lorsqu’on avait les poches vides.
Je me souviens d’ailleurs que les vagabonds avaient toujours, il y a encore vingt ans, un fromage, une saucisse et un morceau de pain sur eux…
Mais il y a désormais de quoi s’alarmer : le fromage est devenu de moins en moins accessible. Même TF1 s’en alarme !
Et cela implique que l’on se pose quelques questions… parce que c’est l’arbre qui cache la forêt du scandale.
Il y a toujours de bonnes raisons de se serrer la ceinture…
Le reportage qu’y a consacré TF1 est éloquent :
- Le Comté a pris 24%, le morbier 33%, et certains fromages ont vu leurs prix doubler depuis 5 ans
- Un producteur meusien du Brie de Meaux rappelle qu’il lui faut 25 litres pour un fromage et que le prix du lait a augmenté de 40% depuis 2019
- Les salaires ont pris 20% d’augmentation dans le même laps de temps
- Enfin, la guerre en Ukraine puis l’actuelle guerre en Iran ont fait plus que doubler le prix du baril de pétrole, or…
Il faut de l’essence pour faire tourner les machines et les camions de livraison !
La réalité ? Le gouvernement considère que la montée des prix du pétrole lui rapporte, et à part distribuer quelques miettes, il ne fait rien pour l’empêcher…
Et sans surprise, le voilà rétif à la proposition votée au Sénat sur de nouvelles exploitations d’hydrocarbures en outre-mer…
Derrière le prix du fromage, le coût de l’essence
Le coût de promotion des énergies renouvelables coûte près de 7 milliards par an aux contribuables !
Sans que la filière soit compétitive pour autant, même si nos dirigeants prient très fort pour que ça arrive…
Rappelons que pour quelques milliards de plus, on pourrait faire passer la TVA sur l’essence à 5,5% comme l’ont fait certains de nos « partenaires » européens (Portugal, Italie, Suède, Irlande).
L’Union européenne a d’ailleurs laissé une certaine latitude aux États pour appliquer une telle politique…
Mais pour notre caste dirigeante, comme l’indique l’article de l’AFP factuel, aller contre l’esprit initial de la réglementation européenne, c’est « dangereux »… parce que nous serions alors menacés d’une amende !
Donc, pour éviter que la France, contributrice nette à l’UE, se laisse infliger une amende, il faut que les classes moyennes se privent de fromage !
La faiblesse n’explique pas tout
Certes, le gouvernement Lecornu n’a plus guère de soutien populaire. Pour taxer et redistribuer à fond, il mise sur l’écologie, voire le fanatisme écologique.
Pour lui, le climat qu’il fera dans 50 ans est plus important que de remplir le réfrigérateur demain. Il pense que la France doit montrer l’exemple au détriment des Français les plus modestes.
Le bon peuple veut vivre, et la bonne conscience ne remplit pas l’estomac.
Mais derrière cela, il y a aussi un projet de société : celui de la « défrancisation » du mode de vie.
En effet, tandis que le fromage devient un produit de luxe, les enseignes Tasty Crousty se démultiplient en France.
Il s’agit de mauvais poulet grillé avec une mauvaise chapelure, nappé d’une sauce on ne peut plus industrielle et accompagné d’un riz de mauvaise qualité et rarement cuit correctement.
Mais le Tasty Crousty est à moins de 10€, ce qui le rend abordable à une jeunesse pour qui même « McDo » et Burger King sont des enseignes chères…
Anti-pauvre et contre la France, c’est tout un
Le gouvernement n’a pas besoin de formuler son désir de détruire une culture française qui, pour lui, n’existe pas de toute façon, hormis comme décorum.
Il ne fait que favoriser partout les grandes enseignes américaines, voire la pire malbouffe, parce que ça fait passer la pilule de la paupérisation.
Une politique hybride entre la déculturation forcée que pratique la Chine en Mongolie extérieure et une politique soviétique où, sous des prétextes idéologiques, le coût de la vie écrase la population.
Dans ce contexte, l’affirmation selon laquelle, en 2030, « deux voitures vendues sur trois seront électriques » et que le gouvernement déboursera 10 milliards par an pour « l’électrification » est une provocation.
De même que la réinstauration probable des zones à faible émission par le conseil constitutionnel, véritable apartheid anti-pauvre qui consiste à bannir les voitures thermiques des centres des villes, mêmes moyennes.
Une aberration « systémique »
Ce qui se passe avec le fromage comme symbole culturel n’a rien d’un détail.
Nous sommes dirigés par des gens pour qui l’avis de l’Union européenne vaut plus que la vie de leurs semblables.
Le reste du monde, lui, est passé à autre chose : les empires sont de retour, et ils ont compris que l’écologie consistait à faire piller les autres nations pour préserver la leur…
Certes, c’est horriblement cynique, mais l’Europe, en échouant à devenir un modèle pour le reste du monde, est pour sa part une civilisation en train de s’effondrer.
La montée effroyable de la délinquance nous en montre le spectacle quotidien…
La raison en est simple. Comme la montée des prix du pétrole nous le montre, nous sommes devenus des proies économiques… et quand l’économie ne va pas, rien ne va.
Demain, malgré les dernières prévenances qui tiennent de cap politique à nos technocrates, nous serons aussi des proies écologiques. Nous aurons alors tout perdu…
Ce n’est plus d’utopie dont nous avons besoin, mais d’une simple gestion « en bon père de famille ». Hélas, l’expression est elle-même bannie désormais, pour être « patriarcale » !
Mais l’utopisme et le fanatisme ont un coût très élevé. Combien de temps continuerons-nous d’en payer le prix ?
Dites-moi ce que vous en pensez, même et surtout si vous n’êtes pas d’accord,
Louis Volta
tout a fait d’accord