La liseuse sauvera-t-elle la lecture ?

Chère lectrice, cher lecteur,

Je vous faisais part, la semaine dernière, de la difficulté de trouver des bons livres neufs en français, à cause d’une politique de publication de moins en moins respectueuse du public.

Or il se trouve que nombre de Français ont trouvé la parade, ou même les parades, notamment avec l’usage de plus en plus fréquent des liseuses.

Un petit point s’impose, donc.

Le retour des classiques

La librairie Gibert Joseph, qui connaît de tristes revers de fortune ces derniers temps, a décidé de se recentrer sur sa spécialité : les livres d’occasion[1].

Et je pense qu’il faut les soutenir — je n’hésite jamais à acheter chez eux.

Les classiques ont réussi à tenir à travers le temps : c’est souvent un gage de qualité. Et le niveau qu’il propose est souvent beaucoup plus élevé que celui des livres qui sortent de nos jours — qui font figure de yaourt allégé.

Vous pouvez trouver désormais de belles éditions intégrales — quoique lourdes — nombre d’éditeurs s’en sont fait une spécialité, et pas seulement la Pléiade, dont la lecture peut parfois sembler inconfortable.

Car on est parfois un peu décontenancé, entre le papier bible fragile, la police qui exige des yeux adolescents et l’appareil de notes parfois excessif — pour Rimbaud par exemple, il s’agit plus de pollution visuelle qu’autre chose. 

Flammarion a opté, depuis quelques années, pour des intégrales de philosophes qui sont assez rafraîchissantes et agréables en termes de lecture : Platon, Aristote, Nietzsche.

Les Belles lettres offrent aussi des sorties de qualité exceptionnelle, notamment sur l’histoire et la littérature antiques. Ils font un vrai effort pour publier des ouvrages de valeur réellement intemporelle.

Aussi je vous recommande de vous abonner à leur lettre d’information, comme à celles des éditeurs qui vous intéressent vraiment. Ils méritent votre soutien et de ne pas dépendre des caprices de votre libraire local.

Je me régale assez régulièrement par exemple avec les éditions Zulma ou Anacharsis, qui proposent parmi les catalogues les plus originaux de l’édition française actuelle…

Mais j’ai aussi une passion : celle de me rendre dans les librairies d’occasion, où j’ai mes habitudes (et mes réductions…).

Car il existe encore des libraires avec lesquels une certaine complicité est possible !

La liseuse — incontournable ?

Je dois vous le confesser, la liseuse, quoiqu’on m’en ait donné une, n’arrive pas à remplacer l’affection qui me lie à « l’objet-livre ».

Mais soyons lucides : c’est quand même beaucoup plus pratique quand vous voyagez fréquemment…

Cependant, le prix est assez élevé… les marques Kobo et Kindle dominent le marché.

Ces liseuses lisent le format PDF, ce qui rend possible leur usage professionnel, même si, me dit-on, elles ne reportent pas nécessairement les notes que vous pouvez apporter à vos textes.

Quelques amis m’ont chaudement recommandé l’Inkpad 3 de Vivlio, qui fait un intermédiaire entre liseuse et tablette, avec un accès à internet plus aisé, mais paraît-il, un confort de lecture moins optimal.

Le Kindle est le moins cher, mais il est essentiellement spécialisé dans les livres pour Amazon, et il supporte mal les fichiers extérieurs qu’il ne reconnaît pas.

Pour ma part, jamais je n’inciterai à pirater un livre — pour les études universitaires, qui font l’objet d’un commerce éditorial plus que trouble, c’est une autre histoire…

Quant au Kobo et autres liseuses, elles ne lisent pas les produits Kindle… il faut convertir les fichiers… autant vous dire que ça ne m’enchante pas.

Les tablettes n’offrent pas exactement le même confort de lecture, même si elles s’en rapprochent.

En termes de compatibilité, elles sont un niveau au-dessus, puisqu’elles permettent l’accès à internet très facilement. Mais elles n’offrent pas le système d’imitation de la lecture livresque propre à une liseuse — l’encre électronique. 

La réalité est qu’aucun de ces appareils ne vous offre tous les avantages…

Il vous faut donc trancher entre un accès facilité à internet et aux applications diverses (la tablette) ; le prix bas avec un appareil 100% Amazon (le kindle) ; ou la liseuse universelle qui exige un peu de débrouille pour avoir accès au plus grand catalogue possible en convertissant les fichiers vous-mêmes (Kobo, Vivlio…). 

Comme ça me fatigue d’avance, je préfère les livres. C’est lourd, mais ça vous oblige à vous accrocher un peu et à faire quelques efforts intellectuels supplémentaires, ce qui n’est pas sans avantage non plus.

Le business juteux des carnets !

Il existe désormais des carnets électroniques, les Remarkable, qui servent d’intermédiaire entre liseuse et tablettes graphiques.

Vous pouvez un peu dessiner dessus, un peu écrire, un peu lire. Une version Amazon existe également.

Il s’agit d’objets relativement onéreux, donc il s’agit d’en avoir un usage régulier, donc si vous voyagez beaucoup ou longtemps. Autrement, un bon carnet avec un bon papier fait le travail.

À ce titre, le fait d’écrire un journal, ou même de retrouver des exercices littéraires permet de faire marcher son esprit et de retrouver la distance nécessaire par rapport à des réseaux sociaux particulièrement angoissants.

C’est donc bon pour le moral, et comme on dit aujourd’hui, pour la santé mentale. Cependant, le business autour des carnets est devenu déraisonnable.

En effet, il y a dix ans environ, les librairies se sont rendues compte que la papeterie était une mine d’or.

Elles ont alors commencé à vendre des produits de qualité plutôt moyenne à des prix très élevés, le bénéfice étant plus élevé que sur les livres, dont le prix est encadré.  

Et la tendance s’est emballée…  

Moleskine ? Pas Moleskine ?

La marque Moleskine a alors pris un essor considérable, et s’est mise à vendre des produits de plus en plus chers et de moins en moins qualitatifs.

Ce sont plus des cadeaux à offrir que des produits d’usage courant…

Quant à Clairefontaine, ils font fabriquer désormais leurs carnets au Maroc. Ce qui est un comble, quand on avait l’impression d’acheter de la qualité française…

Il en va de même pour Rhodia, qui appartient au même groupe, et dont seuls les blocs-notes classiques sont encore fabriqués dans l’Hexagone.  

Certes, les étudiants n’ont pas besoin de cahiers ou de feuilles d’une qualité exceptionnelle pour faire leurs études, et de toute façon, cela leur reviendrait fort cher.

Mais si votre plaisir est d’écrire, pourquoi ne pas préférer des produits artisanaux, ou, dans une moindre mesure, des carnets de meilleure qualité ?

La marque Castelli, de Milan, offre une qualité et une conception que je trouve pour ma part assez supérieures à Moleskine.

Mais cela, après tout, relève du choix personnel — je vous incite néanmoins à privilégier le confort d’écriture. Vos efforts pour coucher vos pensées sur le papier le méritent.

Et vous, dites-moi ce que vous préférez, tant en termes de lecture que d’écriture, j’ai hâte d’avoir vos retours !  

Louis Volta   


Sources [1] https://www.radiofrance.fr/franceinfo/podcasts/le-decryptage-eco/le-decryptage-eco-du-mardi-28-avril-2026-5611896 — Fanny Guinochet, « Les librairies Gibert misent sur l’occasion, face à la baisse des ventes de livres » in Radio France, 28 avril 2026.

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Hugonneau-Beaufet Annick
Hugonneau-Beaufet Annick
il y a 2 heures

Bonjour
Je préfère le livre papier
Tout d’abord pour les yeux et surtout comme je lis beaucoup j’achète des livres d’occasion dès que je les trouve
C’est sur que c’est plus encombrant dans un sac à main
Cordialement

CAYAC Marie Hélène
CAYAC Marie Hélène
il y a 5 heures

Parfaitement en accord avec vous en ce qui concerne les livres. Mais pour la tablette, elle ne me tente pas. Déjà le plaisir d’avoir le livre entre les mains, sentir le papier sous les doigts, l’odeur du livre, ( il y a beaucoup d’odeurs de livres ) et aussi se repérer. Lorsque je souhaite retrouver un passage, je me souviens si c’était en début, plutôt au milieu ou sur la fin du livre, et si c’était sur la page gauche ou la page droite. Certains livres sont de vrais amis, on ressent le besoin de revenir les fréquenter. Et le plaisir de voir sa bibliothèque, là les livres d’art, là les livres d’histoire, là les livres de littérature, là les livres avec des idées créatives, etc…. quand je suis un peu désoeuvrée ( le mot est trop fort !) je parcours la bibliothèque et je ressors un livre ou un autre, qui, je sais, va m’enchanter….

LEROUX joelle
LEROUX joelle
il y a 5 heures

je préfère emprunter des livres à la bibliothèque de ma ville.

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