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Qui veut la peau du sucre de bouleau ?

Chère lectrice, cher lecteur,

Si comme moi, vous avez été élevé aux petits pots pour bébé et aux publicités pour toutes sortes de sucreries, vous avez probablement développé, bien avant de pouvoir le formuler, une addiction au sucre.

Pour ma part, j’essaie de la réduire autant que faire se peut… Mais une fois que vous avez le « bec sucré », il est bien difficile de revenir en arrière.

Si je vous dis « fringale de sucre » et que vous savez ce que c’est, c’est que vous connaissez ça aussi. Et je connais aussi bien des gens, nés même avant-guerre, qui en sont affectés…

Contre cela, il existe un subterfuge particulièrement déconseillé pour la santé, mais qui permet de continuer à manger et à boire sucré sans grossir démesurément.

Ça s’appelle le faux sucre, ou en langage plus châtié : les édulcorants.

Ils jouent un rôle éminent dans l’épidémie mondiale d’obésité et de cancers[1] :

— Indirectement, en nous habituant à une consommation élevée d’aliments sucrés et ultratransformés[2].

— Directement, en dérèglant votre microbiote intestinale, ce qui favorise la prise de poids et les situations pathologiques[3].

Bref, nous parlons là d’un des problèmes de santé les plus graves qui soient.

Ce qui se joue derrière les édulcorants

Les édulcorants existent pour satisfaire à deux injonctions contradictoires de notre société contemporaine : une alimentation sucrée et facile d’accès, donnant beaucoup de plaisir instantané, et la nécessité de rester mince.

Or ils posent 2 problèmes très graves :

Le premier est de perpétuer, voire d’aggraver l’addiction au sucre. En effet, même lorsque vous buvez du soda « light » ou « zéro », votre corps s’habitue à consommer du sucré en permanence.

Alors, bien sûr, vous pourriez ne jamais consommer de chocolat, de barre chocolatée, de biscuit ou d’aliment ultra-transformé, et vous contenter de l’illusion de sucre indéfiniment.

Mais, comme l’a un jour écrit un président américain célèbre pour sa chevelure orange : « Je n’ai jamais vu quelqu’un de maigre boire du coca light. »

Qu’on aime ou qu’on déteste le personnage, c’est une observation qui s’est hissée au rang de vérité générale…

Car il est presque impossible que quelqu’un, ayant une addiction au sucre, ne finisse par consommer du vrai sucre.

D’autant que, si l’édulcorant a un goût assez fade, qui convient bien à la consommation de boissons en grande quantité, sa qualité gustative n’a rien à voir avec d’authentiques pâtisseries ou des chocolats de qualité.

Et ce n’est pas ce qui manque de notre côté de l’Atlantique…

Édulcorant et cancer : liaisons dangereuses

Le problème est que, même si le consommateur lambda ne s’en tenait qu’aux édulcorants, sans aucune autre consommation sucrée, il tomberait tout de même sur un hic.

Et ce hic, cela s’appelle le cancer.

En effet, on ne peut tromper son corps indéfiniment, et notamment sur la consommation de l’un des trois éléments majeurs de l’alimentation, à savoir les sucres (ou glucides).

L’addiction mène ainsi à des surconsommations, et la surconsommation de ces produits chimiques favorise assez logiquement au cancer, comme l’étude Nutrinet l’a enfin établi pour de bon[4].

Mais comment ?

Désormais, le cancer est tenu pour une maladie génétique. Vos gènes fonctionnent comme un orchestre : la vie en met certains en sourdine et elle en fait jouer d’autres, quelques fois à plein régime.

Certaines combinaisons génétiques favorisent le cancer, à savoir qu’une cellule oublie qu’elle fait partie du corps et commence à se développer à ses dépens, et donc commence à le détruire de l’intérieur.

Les édulcorants jouent ici, comme la plupart des cancérogènes, à deux niveaux : à savoir qu’ils favoriseraient des combinaisons génétiques dangereuses, et qu’ils favoriseraient aussi la mutation au niveau cellulaire lui-même, ou une vitesse de remplacement des cellules propice à ces mutations.

Le lobby sucrier est sur les dents

Louons pour une fois l’IA.

Elle permet d’avoir directement accès aux études qui établissent le lien entre édulcorants et cancer, là où Google, ces dernières années, avait une forte tendance à les passer sous silence.

C’est pourtant une réalité très officiellement observée par l’INSERM, qui est l’organisme d’État français préposé à la recherche scientifique : les édulcorants sont des produits qui donnent le cancer[5].

Du moins les plus chimiques et courants d’entre eux, à savoir l’aspartame, la sucralose et l’acésulfame K.

Cependant, vous n’en entendrez jamais parler dans les médias nationaux.

À cause des lobbies agro-industriels, et en particulier celui du sucre, très puissant en France, avec la production de betteraves sucrières dans le Nord, et de canne à sucre aux Antilles.

Or il semble que ce lobby, qui ne s’arrête pas du tout aux frontières de l’Hexagone, ne soit pas pour rien dans la décrédibilisation actuelle du sucre de bouleau.

Pour briser les alternatives au sucre, il y a toujours quelqu’un

Il y a quelques années, on avait la stévia. Malgré un goût assez marqué, elle représentait une très bonne alternative aux édulcorants chimiques.

Mais le public s’était précédemment habitué à un goût plus fade, qui correspondait mieux à la consommation des sodas.

De plus, quoique moins sucrée (trois fois moins de calories par gramme que le sucre ordinaire, nous promettait-on alors), la stévia restait sucrée. Il fallait donc en modérer la consommation. Donc changer de mode de vie…

Vous remarquerez que, année après année, tous les concurrents des édulcorants les plus chimiques et les plus dangereux disparaissent, décrédibilisés par une étude souvent incertaine, puis par une foule d’articles qui la relaient tambour battant…

C’est aujourd’hui le tour du xylitol, qui n’a rien de très chimique en soi, puisqu’il s’agit de sucre issu du bouleau, arbre qui pousse particulièrement dans le nord-est de l’Europe, en Finlande et en Russie…

Vous remarquerez qu’il ne s’agit donc pas exactement des mêmes producteurs que les betteraviers ou les cultivateurs de canne à sucre.

Rappelons que ces derniers étaient jadis assez puissants pour faire céder le Québec à l’Angleterre et pour garder les Antilles en France, suite à la guerre de Sept Ans (1763).  

Ce n’est donc pas bien difficile à comprendre : que vous consommiez du sucre ou des édulcorants chimiques « classiques » qui prétendent « ne pas faire grossir », vous faites tourner la même industrie qui repose sur l’addiction.

Elle ne compte pas laisser le moindre obstacle en travers de son chemin. Tous les édulcorants qui entravent la plus pure addiction au sucre possible sont considérés comme ses ennemis.  

Le sucre de bouleau : leur nouvel ennemi

Dès lors, le xylitol se retrouve mis en cause dans une récente étude observationnelle, qui a l’air d’avoir été faite sur une population suffisamment vaste pour ne pas être remise en cause, a priori du moins.

Sur les 17 000 personnes observées, on a vu que celles qui prenaient du xylitol avaient plus de problèmes cardiaques que les autres[6].

Pourtant, le xylitol, hormis dans le dentifrice (car c’est le seul sucre qui protège les dents des caries), il ne me semble pas que l’on en consomme tellement.

Mais généralement, ceux qui le consomment spécifiquement le font pour arrêter les autres édulcorants ! Qu’ils continuent d’ailleurs souvent de consommer, mais dans des proportions moindres.

Car non seulement le sucre n’est pas bon pour le cœur, mais de ce côté-là, les édulcorants chimiques eux-mêmes sont fortement à déconseiller !

Ce sont des études scientifiques, vraisemblablement moins intéressantes, qui le démontrent…[7]

Faute de preuves solides, on jette l’opprobre

Aussi, s’il y a des soupçons que le xylitol épaississe les plaquettes sanguines et favorise les thromboses, il faudrait une étude autrement plus précise.

Car là, avec les 17 000 patients dont on a observé « entre autres » la consommation de xylitol sans regarder aussi celle des autres édulcorants, c’est un peu flou.

En revanche, on retiendra que cette étude, précise comme une rafale de mitrailleuse, reste dans la droite lignée de la décrédibilisation orchestrée de toute concurrence au lobby du sucre et des édulcorants classiques…

La bataille pour faire reculer le sucre dans l’alimentation est loin d’être terminée. À se demander si elle a même jamais vraiment commencé.

Et vous, qu’en pensez-vous ? N’hésitez pas à me le dire dans les commentaires !

Louis Volta  


Sources :

[1] Epner M, Yang P, Wagner RW, Cohen L. Understanding the Link between Sugar and Cancer: An Examination of the Preclinical and Clinical Evidence. Cancers (Basel). 2022 Dec 8

[2] Wilk K, Korytek W, Pelczyńska M, Moszak M, Bogdański P. The Effect of Artificial Sweeteners Use on Sweet Taste Perception and Weight Loss Efficacy: A Review. Nutrients. 2022 Mar 16

[3] Pang MD, Goossens GH, Blaak EE. The Impact of Artificial Sweeteners on Body Weight Control and Glucose Homeostasis. Front Nutr. 2021 Jan 7

[4] Debras C, Chazelas E, Srour B, Druesne-Pecollo N, Esseddik Y, Szabo de Edelenyi F, Agaësse C, De Sa A, Lutchia R, Gigandet S, Huybrechts I, Julia C, Kesse-Guyot E, Allès B, Andreeva VA, Galan P, Hercberg S, Deschasaux-Tanguy M, Touvier M. Artificial sweeteners and cancer risk: Results from the NutriNet-Santé population-based cohort study. PLoS Med. 2022 Mar 24

[5] https://presse.inserm.fr/la-consommation-dedulcorants-serait-associee-a-un-risque-accru-de-cancer/45022/ — « La consommation d’édulcorants serait associée à un risque accru de cancer », in INSERM, 24 mars 2022

[6] https://esc365.escardio.org/esc-congress/sessions/20372-hungry-heart-nutrient-deficiencies-and-cardiovascular-disease — TM Zheng et al. The association of Xylitol and incident cardiovascular events: the CLSA and EPIC-Norfolk cohort studies (2026). ESC Congress, Münich, 2026.

[7] Debras C, Chazelas E, Sellem L, Porcher R, Druesne-Pecollo N, Esseddik Y et al. Artificial sweeteners and risk of cardiovascular diseases: results from the prospective NutriNet-Santé cohort BMJ 2022

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