« Made in France » ? ça ne colle pas

Chère lectrice, cher lecteur,

Nous arrivons à un moment historique bien étrange : celui de la fin de la post-modernité. Et je ne parle pas ici de philosophie ou d’art, mais de votre porte-feuille.

En effet, la modernité, c’était la société de consommation. Mais une société de consommation nationale, où le consommateur était le producteur, et où il était donc partie prenante du système économique.

Or, après les deux chocs pétroliers et l’avènement de l’informatique, nos sociétés sont devenues des sociétés de services et la production industrielle s’est délocalisée.

Résultat : toute la société s’est appauvrie, nos nations européennes vont vers l’effondrement, et la concurrence étrangère est rude, jusque sur les étals de nos maraîchers.

J’en ai assez longuement parlé ici : la population a perdu avec le libre-échange généralisé, tandis que les industriels ont engraissé comme jamais…

« Choose France » : sommet de l’hypocrisie

Le meilleur exemple de cela est le pathétique « Choose France » où le président de la république s’agite en anglais pour vendre une exception industrielle française qu’il nie par ses propres paroles.

D’autant qu’il s’agit de faire venir les entreprises étrangères avec des exonérations fiscales, lesquelles feront concurrence à des entreprises françaises qui vont, elles, péricliter…

Pour ma part, je vous dirais qu’un élu étant comptable de ses actes, le prétexte de la stupidité ne tient pas, et que ceux qui ont causé la ruine de notre pays doivent être jugés et punis à la hauteur de leurs méfaits.

C’était bien le cas dans la Rome antique…

Il y en a donc assez de cette mode hypocrite qui consiste à faire la promotion de la production nationale en anglais pour en fait mieux la saborder (et faire son beurre avec les produits étrangers).

C’est devenu un leitmotiv aussi creux et abscons que le faux argument écologiste que l’on retrouve sur tous les produits désormais — le fameux « verdissement » (greenwashing).

Et à ce titre, je voudrais en particulier vous parler de Carrefour et de son programme Act for Food, qui se moque des producteurs comme des consommateurs.

Act for food ? Vous plaisantez ?

Act for food : « agissez pour la nourriture ».

C’est le slogan qu’utilise Carrefour pour mettre en avant l’agriculture française.

J’ignorais qu’on pouvait pousser l’hypocrisie encore plus loin qu’Emmanuel Macron et son « Choose France ».

Dans une France qui peine à trouver assez de concentration et de disponibilité d’esprit pour lire un Picsou Magazine, ces caprices anglophones ne sont même pas compris d’une petite minorité. 

Pour ma part, je ne crois pas une seule seconde à cette campagne, parce qu’on ne peut pas promouvoir des produits français — et donc le pouvoir d’achat et la santé de l’économie nationale — en parlant anglais.

D’ailleurs, les engagement de Carrefour, détaillés dans un publirédactionnel du Monde, sont très flous, en particulier sur les garanties de qualité [1] :

  • 15% de bio, dont le moins cher disponible
  • 30 000 producteurs français partenaires (pour quelle qualité ?)
  • 2 fois plus de partenariats avec ces derniers (par rapport à quand ?)
  • 50% des poissons issus de la pêche durable
  • 100% des déchets valorisés (qu’est-ce que ça veut dire ?)
  • L’ambition de devenir « leader » sur le végétarien (vœu pieux)
  • Exclusion des produits inférieurs à 4/5 étoiles (sans que l’on ne sache rien de la notation)

La réalité, comme en témoigne Olivier Dauvers, est que les tomates françaises se retrouvent côte à côte avec les tomates marocaines, qui sont moins chères et dont la différence de qualité n’est pas évidente…[2]

Carrefour donne tout ce qu’il peut pour donner une image qualitative sans perdre son image de marque populaire. Ce n’est pas condamnable en soi, mais ce n’est pas réellement une position militante ni fiable pour le client.

C’est surtout aussi absurde que de défendre l’agriculture française avec un programme écrit en anglais… tout en la livrant, sous les yeux du consommateur, à une concurrence directe avec l’agriculture extra-européenne !

Tatiana, au secours !

Il y a quelques temps, une YouTubeuse du nom de Tatiana Ventôse a écrit un livre qui l’a faite disparaître des petits papiers des médias français.

Son livre s’appelle Il est venu le temps des producteurs[3], un clin d’œil à la chanson de la comédie musicale Notre-Dame de Paris.

L’auteure partait d’un constat simple, le même que je vous ai tenu dans les premières lignes de cette lettre : sans producteurs français, pas de production de richesse, et donc le pays s’effondre.

Mais Tatiana Ventôse, qui est de Longwy, en Lorraine, en parle mieux que moi : elle a vécu le déclassement et la désertification de sa terre natale dans sa chair.

Cependant, critiquer vertement la mainmise de l’administration parisienne et l’influence des médias parisiens sur l’économie française, lui a valu d’être mise au ban de la plupart des médias, hormis les plus alternatifs, dont Tocsin.

Même si son livre m’a plu, il n’échappe pas à la critique.

On ne peut pas, en un claquement de doigts, convaincre les Français de retourner à l’usine, de se remettre à polluer, de s’imposer un protectionnisme drastique, surtout lorsqu’on passe sa vie à faire des vidéos.

Sans compter que nos politiques sont toujours prêts à commander des éoliennes inefficaces en Chine, et les puissances étrangères, à qui la dégringolade industrielle de la France convient aussi très bien.

Mais il n’en reste que Tatiana Ventôse a absolument raison, et que, tant que nous ne l’admettrons pas, le pays ira de mal en pis.

Le Royaume-Uni et la Suisse, ont relancé leur industrie et ils y arrivent, mais ils ne sont pas dans l’UE. L’Italie, plus chauvine, est aussi maline, et elle repart grâce à son industrie également.

Donc si vous pouvez acheter français, faites-le, c’est à vous que cela rend service en premier : cela paie vos services publics et vos retraites.

Quant à Carrefour, il serait temps qu’il propose des étals 100% français et bio s’il veut vraiment qu’on le prenne au sérieux…

Et vous, qu’en pensez-vous ?

J’ai hâte de vous lire dans les commentaires,

Louis Volta


Sources

[1] https://tous-a-table-pour-le-changement.lemonde.fr

[2] https://www.olivierdauvers.fr/2026/08/23/soutien-a-lagriculture-francaise-mon-defi-a-carrefour/ — Olivier Dauvers, Soutien à l’agriculture française : mon défi à Carrefour… in Olivier Dauvers, 23 août 2026.

[3] https://lefildactueditions.com/products/il-est-venu-le-temps-des-producteurs-livre-papier

Inscrivez vous à La Lettre Santé Conso

Et recevez gratuitement votre dossier Les compléments alimentaires qui guérrissent

En cliquant ci-dessus, je m’inscris à La Lettre Santé Conso

Votre adresse email restera strictement confidentielle et ne sera jamais échangée. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment. Consultez notre politique de confidentialité

D'autres articles à lire

Laisser un commentaire

Vous souhaitez commenter ce sujet ? Rien de plus simple : indiquez simplement votre nom, aucun e-mail ou inscription nécessaire.

Nous attendons vos commentaires avec impatience !

guest

3 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire
Fernandez
Fernandez
il y a 13 heures

Je suis tout-à-fait d’accord avec ce constat.
J’ajouterai que le mal est bien antérieur à Macron, quand un peu avant les années 80 nos décideurs politiques, déjà visionnaires, ont décidé de désindustrialiser la France et d’en faire un pays voué au tertiaire et surtout au tourisme. On voit où celà nous a mené.
Malheureusement aucune vision à long terme; au contraire, la vue est de plus en plus basse; nous sommes sur la pente descendante et nos politiques la savonnent.
Pour ce qui concerne la consommation, évidemment qu’il faut dans la mesure du possible consommer Français et même local, mais c’est plus facile à dire qu’à faire lorsque le budget d’une bonne partie des français est très juste; mais peut-être faut-il compenser et privilégier la qualité à la quantité.

Brigitte M.
Brigitte M.
il y a 13 heures

Bonjour et merci pour cet article, qui m’aura permis de connaître l’existence de Tatiana Ventôse (j’essaierai de trouver son livre)! Pour ma part, je tâche autant que possible d’acheter « français » – même si je ne suis pas toujours certaine que ça le soit complètement, car quelques pièces de construction peuvent être fabriquées à l’étranger! Quant au domaine du textile, c’est très difficile à faire, car quand l’intégralité du produit est faite en France, il est toujours plus cher (pour ne pas dire « trop » cher) – du coup, c’est compliqué… Et pourtant, je voudrais vraiment aider l’industrie locale, mais je n’en ai pas les moyens. Par ailleurs, même si je ne peux posséder une voiture, tant que les constructeurs français continueront de construire des modèles trop dispendieux par rapport à certains autres étrangers où tout est de série, on ne s’en sortira pas! Ce qui est vraiment désolant, car ces mêmes marques françaises qui ont fait la gloire et la renommée de la France – même à l’étranger, fût une époque! D’ailleurs, j’approuve totalement la demande de Patrick Martin (patron du Medef), qui voudrait faire entrer André Citroên au Panthéon, car c’était un patron respectable, dans la mesure où il était soucieux de ses ouvriers… Mais tant que le gouvernement s’évertuera à désindustrialiser la France et à la brader aux pays étrangers, nous nous dirigerons lentement mais sûrement vers les abîmes – si ce n’est déjà fait!…

GRARD J
GRARD J
il y a 17 heures

Toute attention citoyenne aux conditions dans lesquelles nous acceptons tacitement et collectivement une servitude est bien-venue.
Merci donc à Louis Volta de mobiliser notre attention.
Mais la France n’est plus une échelle pertinente, pas plus que les échelles infra en tous cas car les frontières sont virtuelles dans un monde de libre échange.
C’est le puissant qui en joue aux dépens de celui qui l’accepte – par ses achats plus que par sa règle de droit qui n’est plus respectée par le puissant ( cf par exemple l’ »extra territorialité du droit américain », le droit de faire respecter sa loi au delà de ses frontières pourvu que les transactions aient eu lieu dans sa monnaie nationale le dollar) : c’est un héritage aussi vieux que l’assujettissement aux règles du gagnant de l’après guerre, les U.S.A. Que l’on ne remerciera jamais assez de son intervention dans ce conflit passé.
C’est donc velléitaire de prêcher une reconquête de souveraineté à l’échelle nationale, car c’est aujourd’hui impuissant: il vaut mieux un progrès modeste de souveraineté européenne qu’un semblant de progrès du droit national en n’ayant pas le moyen de le faire respecter.
De la même façon à mon sens, il ne faut pas cracher sur un progrès de l’agriculture dite « raisonnée » – qui représente le gros de l’agriculture française-( c’est à dire un peu de diminution des intrants de synthèse engrais Et pesticides sur la parcelle agricole ) de 3% , plus impactant vers l’objectif zéro polluant sur la parcelle et dans notre assiette, que la seule augmentation de 3% de la production française de l’agriculture biologique car elle ne représente que moins de 16% du produit agricole national- l’un étant heureusement non exclusif de l’autre! Reste que le biologique est vital par son effet démonstratif et d’entraînement à la transition agricole nécessaire et si mal engagée .

Inscrivez vous à La Lettre Santé Conso

Et recevez gratuitement votre dossier Les compléments alimentaires qui guérrissent

En cliquant ci-dessus, je m’inscris à La Lettre Santé Conso

Votre adresse email restera strictement confidentielle et ne sera jamais échangée. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment. Consultez notre politique de confidentialité