Chère lectrice, cher lecteur,
Le sujet est particulièrement grave, il nous concerne tous — j’en suis moi-même lourdement affecté.
C’est un mystère de l’histoire que de savoir pourquoi les nations s’effondrent. Souvent, c’est parce qu’elles ne sont plus en phase avec le principe moral qui les a faites tenir jusque-là.
Principe flou, certes, mais sur lequel se sont accordés la plupart des philosophes des Lumières et de la période romantique.
Ils ont vu la fin de la royauté absolue et le début de la révolution industrielle ; ils méditaient sur la chute de l’empire romain. Montesquieu a décelé le phénomène, Gibbon l’a décrit, Hegel l’a théorisé[1].
Mais les preuves tangibles de l’effondrement réel d’une civilisation ne sont venues que plus tard, quand la science économique s’est affinée.
Pourquoi la France est au bord de l’abîme
Ainsi, en 1927, Ferdinand Lot a démontré que la chute de l’empire romain avait été déterminée par deux facteurs que nous retrouvons aussi à notre époque[2].
Le premier était que les Romains ne voyaient plus l’intérêt de l’investissement productif.
L’idée même de travailler pour parvenir à un mieux-être leur paraissait lointaine. Le progrès technique n’avait plus aucune raison d’être à leurs yeux.
Vous croyez que nous sommes différents ?
J’ai eu la chance d’assister à la conférence de Peter Thiel, l’un des magnats américains du numérique, à l’Académie française.
Derrière ses bondieuseries, son discours était plutôt simple : l’huile qui fait tourner la démocratie, c’est l’argent, et l’argent, c’est le progrès technique. Et pas seulement celui de l’informatique : c’est aussi l’aviation, la robotique…
Les professeurs d’université et les députés présents ricanaient. Ils regardaient le doigt là où Peter Thiel leur montrait la lune.
EUX n’avaient aucun besoin du progrès technique et de l’argent qu’il engendrerait : ils sont déjà au sommet de leur carrière.
Après eux le déluge : voilà ce que signifiait leur ricanement.
La vraie cause de la fin
Les Romains auraient pu dire la même chose : ils avaient conquis tout ce qu’il y avait à conquérir, ils avaient organisé les plus grandes fêtes possibles, s’étaient offerts les plaisirs les plus intenses…
Et s’il leur fallait quoi que ce soit… ils avaient des esclaves sous la main.
Sauf que leur monde s’effondrait inéluctablement comme le prouvaient les pillages de plus en plus fréquents de peuplades avides de richesses, préludes aux « grandes invasions ».
Rien à voir, bien sûr, avec les soirs de match du PSG.
Et un autre facteur décourageait les populations de l’empire romain plus que tout, et qui était cause de l’épuisement de leurs principes moraux. Ferdinand Lot l’a écrit noir sur blanc.
Ce même facteur, nous sommes encore très nombreux l’avons vu à l’œuvre, de notre vivant, en URSS, laquelle a fini par s’effondrer sous nos yeux.
Il s’agit de l’écrasement fiscal.
Après cela, il n’y aura plus rien
Lot l’avait donc montré en 1927 : si les citoyens de l’empire romain se sont ralliés aux rois barbares, c’est parce qu’ils étaient écrasés d’impôt.
Et quand on est écrasé d’impôts, c’est notre temps de vie lui-même qui nous est enlevé. Nos espoirs, nos joies. On ne travaille pas pour soi, on finit seulement par survivre à une prison qui se referme sur nous année après année.
Comme les Russes sous le totalitarisme bolchévique.
Quand l’URSS s’est effondrée, en 1991, cela faisait déjà 20 ans que plus personne ne voulait travailler, et que l’on se noyait dans l’alcool à qui mieux mieux.
Désormais, la France est l’un des pays les plus taxés au monde, les prélèvements obligatoires atteignent 45% du produit intérieur brut, contre 20 à 30% du PIB dans la Russie des années 1970-1980.
Cela signifie qu’une part énorme de la richesse du pays passe entre les mains d’une administration immensément lourde, kafkaïenne… qui écrase le pays sous son poids.
Le contrôle fiscal permanent
Plus il y a de normes délirantes (des centaines de milliers), moins il y a d’argent pour que l’État assure les services publics élémentaires — comme la sécurité dans les villes ou la santé dans les campagnes.
Résultat : l’économie française est en plein effondrement.
Bien sûr, l’adhésion à l’UE et à l’OMC, qui ne favorisent que les grands groupes industriels au détriment des petites entreprises, a joué un rôle éminent là-dedans.
Nous avons joué le jeu du libre-échange et nous avons perdu.
Maintenant, l’État, qui n’a cessé de grossir durant cette période est devenu incontrôlable : il veut dévorer l’économie française.
C’est ce qui se passe avec la facturation électronique qui arrive en France à partir du mois de septembre.
Il s’agit d’un contrôle fiscal permanent : plus rien n’échappera à l’État, plus la moindre facture, plus le moindre de vos faits et gestes.
Le tout géré par un cartel européen extrêmement louche : Peppol.
Il n’y aura plus de secret des affaires, plus d’économie privée : tout sera fliqué, surveillé, archivé — puis piraté et revendu, les données étant pillées sans que la moindre amende soit émise.
L’Union soviétique en avait rêvé : la Macronie l’a fait.
Un dernier espoir ?
La réalité est que ce sont les économies qui font les États, et les États les gèrent, normalement au profit de la population.
Quand l’État étouffe l’économie, il prépare sa ruine, et la population n’a qu’un seul souhait : partir ou changer de régime.
Puisque le régime estime être le bien suprême et irremplaçable, et qu’il a conditionné la population à ne pas même pouvoir penser le contraire, alors il ne nous reste qu’à attendre l’invasion barbare ou l’effondrement économique.
Dans les deux cas, il ne restera rien du pays tel que nous l’avons connu.
Les Français l’ont déjà pressenti : ils sont 30% à vouloir partir, dont 54% chez les 18-24 ans[3].
AVANT l’imposition fatale de la facturation électronique !
Si cette question n’est pas débattue, et si l’État ne recule pas sur la facturation électronique, alors ce sera la fin de l’économie française.
La fin des emplois…
La fin des retraites…
Comme dans l’URSS des années 1980…
Bien sûr, pendant encore quelques temps, les gens vont continuer à travailler, avec le même entrain que les serfs du moyen-âge et les fonctionnaires russes des années 1980 — et le même recours à l’ivresse, cela va sans dire.
Et puis la tiers-mondisation sera définitive.
Ceux qui veulent être payés justement pour leurs efforts seront partis et les autres vont vivre au milieu du chaos, se réjouissant de vivre dans les dernières poches de tranquillité…
Jusqu’au jour où elles n’existeront plus.
Nous avons une seule chance d’éviter de nous enfermer dans cette prison et de jeter la clef par la fenêtre — d’éviter l’irréparable. Et c’est celle-là. Certes, cela peut paraître anodin, mais cela signifie énormément.
Le totalitarisme fiscal signera la fin du pays, la fin de vos retraites, la fin de ce qui vous reste de qualité de vie.
Au plaisir de vous lire dans les commentaires,
Louis Volta
EXACTEMENT le fond de mes pensées, même, si je m’oblige à penser « positif » cela devient éminemment difficile tout au long d’une journée…Cordialement.
Je n’ ai pas compris qu’elle était la dernière chance ????
N’est-ce déjà pas trop tard ? Trop peu de personnes sont vraiment conscientes…!
L’avachissement de la société donne peu d’espoir….!
Bonne analyse, la démotivation ou perte de l’envie matérielle ruine les nations. Un autre type de déconstruction, autrement dit de mise à mort. La culture de mort, associée à la ruine des libertés !
Je sens vraiment le pessimisme…vous oubliez aussi que tout cela favorise les extrémistes et cela me fait plus peur pour mes petits enfants et fini la liberté dans tous les domaines
Effectivement toute cette numérisation à outrance de tout, IA,écoute algorithmique, argent numérique nous entraînent vers une société sans âme digne des romans orweliens la technologie encore plus invasive.
Suis très inquiet pour mes enfants.